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Collèges du Nord: l’énergie se joue aussi dans les réglages

Le Département du Nord veut moderniser la gestion technique du bâtiment dans jusqu’à 41 collèges pour mieux piloter chauffage et ventilation.

Illustration - collège et gestion énergétique

Dans un collège, l’énergie se perd aussi sans bruit. Une salle reste chauffée alors qu’elle est vide. Un gymnase suit les mêmes horaires qu’un bâtiment de cours. Une ventilation tourne quand l’établissement dort. Une anomalie attend la facture, ou la plainte, pour devenir visible.

Le marché publié par le Département du Nord porte justement sur cette part peu visible des bâtiments scolaires. La collectivité cherche une équipe de maîtrise d’œuvre pour moderniser les systèmes de gestion technique du bâtiment, autrement dit les outils qui permettent de suivre, régler et alerter à distance sur le fonctionnement d’un site: chauffage, ventilation, équipements techniques, dérives de consommation.

La première tranche concerne 10 sites. Trois tranches optionnelles pourraient ajouter 31 collèges supplémentaires, soit jusqu’à 41 sites au total. Les travaux sont prévus sur quatre ans à partir de 2027. La mission de maîtrise d’œuvre est estimée à 800 000 euros hors taxes, dans une opération globale évaluée à 7,54 millions d’euros TTC.

Le sujet dépasse le logiciel. Une gestion technique du bâtiment, ce sont des capteurs, des réglages, des alertes et un écran de suivi. Elle ne rénove pas une toiture à elle seule, n’isole pas un mur, ne remplace pas une chaudière fatiguée. Mais elle permet de voir comment le bâtiment se comporte. Dans un parc de collèges, c’est déjà beaucoup.

Le Département indique gérer 200 collèges publics dans le Nord. Il inscrit déjà la remise à niveau et le déploiement de ces systèmes parmi ses leviers de maîtrise des consommations, avec l’isolation des toitures, les panneaux photovoltaïques en autoconsommation et le remplacement des éclairages par des LED. On est ici dans la partie la moins spectaculaire de la transition énergétique: celle qui ne se photographie pas très bien, mais qui décide si un équipement fonctionne au bon moment, au bon endroit, pour le bon usage.

Un collège n’a pas le rythme d’un immeuble de bureaux. Les salles se remplissent puis se vident, les gymnases vivent à part, les cantines ont leurs pics, les vacances coupent brutalement les usages. Deux degrés de trop, une plage horaire mal réglée ou une panne vue trop tard finissent par compter. À l’échelle départementale, ces petits écarts deviennent de vraies lignes de dépense.

Le calendrier national pousse aussi les bâtiments publics vers ce pilotage plus fin. Les bâtiments tertiaires dotés de systèmes de chauffage ou de climatisation d’une puissance importante doivent progressivement être équipés de systèmes d’automatisation et de contrôle, avec une échéance au 1er janvier 2027 pour ceux dépassant 70 kW, sauf cas où l’investissement ne serait pas justifié économiquement.

Pour les entreprises, le marché intéresse les métiers de l’ingénierie, de l’automatisme, de l’énergie et de la maintenance. Pour les élèves, les familles et les personnels, le résultat attendu sera plus simple à juger: des salles mieux réglées, des pannes repérées plus tôt, des consommations suivies avant qu’elles ne s’imposent dans les comptes.

Dans les collèges du Nord, la sobriété ne passera pas seulement par les grands travaux. Elle passera aussi par des horaires, des sondes, des consignes et des bâtiments que l’on cesse de piloter à l’aveugle.