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Greffons et organes: entre Lille et Roubaix, la greffe passe aussi par la route

Le CHU de Lille confie à un prestataire le transport terrestre de greffons, d’organes et d’équipes chirurgicales.

Illustration - Transport hospitalier de greffons

À Lille et Roubaix, le prochain contrat ne promet ni nouveau bloc, ni machine dernier cri. Il demande surtout qu’un véhicule puisse partir au bon moment, avec le bon équipage, pour transporter un greffon, un organe ou une équipe chirurgicale sans perdre de temps.

Le marché passé par le CHU de Lille, établissement support du groupement hospitalier public du Grand Lille, concerne le transport terrestre de greffons, d’organes et d’équipes chirurgicales pour le CHU de Lille et le centre hospitalier de Roubaix. Il est prévu pour 24 mois à compter du 1er mai 2026. C’est un accord-cadre à bons de commande, activé selon les besoins, et non une navette régulière.

Dans une chaîne de greffe, le transport fait partie du soin. Il faut que le prélèvement, le conditionnement, le transport, l’arrivée au bon service et la mobilisation des équipes tiennent ensemble. Un retard, une information mal transmise, un véhicule indisponible ou un horaire mal coordonné peuvent peser sur une organisation déjà très serrée.

Lille donne l’échelle. Dans sa feuille de route régionale sur le prélèvement et la greffe, l’Agence régionale de santé Hauts-de-France indiquait qu’en 2023 le CHU de Lille avait réalisé 166 greffes de rein adultes, 6 greffes de rein chez des enfants et adolescents, 17 greffes cardiaques et 108 greffes hépatiques. Au 1er janvier 2023, 714 candidats à la greffe y étaient recensés. Derrière ces chiffres, il y a des blocs, des laboratoires, des coordinations médicales, mais aussi des trajets.

La présence de Roubaix dans le marché éclaire ce fonctionnement en réseau. Le centre hospitalier dispose d’une coordination des prélèvements de tissus et d’organes. Dans la métropole lilloise, les établissements ne travaillent pas comme des îlots séparés. Les compétences, les patients, les prélèvements et les équipes circulent entre des sites qui doivent pouvoir se répondre vite.

Cette logistique reste peu visible. Les règles nationales de bonnes pratiques encadrant les prélèvements d’organes intègrent bien le transport des équipes et des organes dans l’organisation du prélèvement. Les documents de l’Agence de la biomédecine rappellent aussi que les temps de conservation varient selon les organes et se comptent en heures plutôt qu’en journées. Le transport n’est donc pas une simple intendance: c’est une partie réglée, surveillée et sensible du parcours.

Le sujet tranche avec les images plus spectaculaires de la logistique médicale, comme les drones expérimentés ailleurs dans la région. Ici, tout tient à une infrastructure plus ordinaire: des véhicules, des astreintes, des appels, des itinéraires, une traçabilité et des personnes capables de répondre quand le soin ne peut pas attendre.

C’est souvent ainsi que fonctionne l’hôpital hors du regard du public. Une greffe se prépare dans des salles techniques et des services spécialisés, mais elle dépend aussi d’un trajet bien organisé entre deux points de la métropole. Dans ce type de contrat, la précision est d’abord pratique.