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WeLoveDevs: derrière l’annonce BODACC, une marque qui continue sous une autre société

Une annonce BODACC sur WeLoveDevs ne signale pas une nouvelle liquidation, mais une étape d’une procédure ouverte en 2025.

Illustration - Marque tech et procédure

Le nom WeLoveDevs apparaît dans le BODACC, mais le site, lui, répond toujours. Pour un développeur qui cherche une offre à Lille, ou pour une entreprise qui recrute, c’est toute la nuance: l’annonce publiée le 30 avril 2026 ne raconte pas la disparition immédiate d’un service connu du recrutement tech. Elle signale une étape dans le traitement judiciaire de la société qui l’a porté historiquement.

La société WELOVEDEVS.COM, domiciliée à Lille, a été placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Lille-Métropole le 31 mars 2025. La cessation des paiements a été fixée provisoirement au 24 juillet 2024. L’annonce du 30 avril 2026 porte, elle, sur le dépôt de l’état des créances au greffe: autrement dit, la liste des sommes réclamées et examinées dans le cadre de la procédure.

La précision compte. Une procédure collective n’est pas un mot unique posé sur une entreprise. Elle peut marquer une tentative de continuation, une cession, une liquidation, puis des étapes de vérification et de règlement. Ici, le jugement de liquidation date de 2025. L’annonce récente ne l’ouvre pas: elle montre que le dossier suit son cours.

Le plus intéressant se trouve ailleurs. Le site WeLoveDevs.com indique désormais OUIRECRUIT comme société éditrice. Cette société, immatriculée en 2025 et installée à Wasquehal, apparaît aussi dans les annonces comme acheteuse d’un fonds auprès de WELOVEDEVS.COM, pour 20 000 euros. L’ancienne société est donc en liquidation, mais la marque visible, l’outil et l’activité commerciale semblent être passés sous une autre structure.

Pour le lecteur local, c’est plus utile qu’un simple avis de procédure. WeLoveDevs s’est fait connaître avec une idée claire: parler aux développeurs autrement que par des annonces génériques, avec des informations sur le salaire, le télétravail, la stack technique et les conditions réelles du poste. Ce positionnement garde du sens dans une métropole où les profils numériques restent recherchés, mais où le recrutement tech est devenu plus prudent depuis 2024.

Les données disponibles vont dans ce sens, sans autoriser les grands raccourcis. France Travail recense encore, en 2026 dans les Hauts-de-France, des besoins sur les métiers informatiques, souvent difficiles à pourvoir. L’Apec décrit de son côté un marché cadre qui a reculé en 2024 et 2025, avant une reprise possible mais prudente en 2026. Entre les deux, les plateformes spécialisées doivent tenir leur promesse: attirer les candidats, convaincre les entreprises de payer, et tenir dans les cycles du recrutement.

Le cas WeLoveDevs ne suffit donc pas à dire que la tech lilloise va mal. Ce serait trop large, et trop commode. Il dit quelque chose de plus précis: même dans le numérique, une marque peut continuer pendant que la société qui l’a lancée est liquidée. Derrière une offre d’emploi bien présentée, il y a aussi un fonds de commerce, des créances, un tribunal et, parfois, une nouvelle structure pour continuer l’activité.