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Valenciennes Métropole relance son plan climat

Valenciennes Métropole relance son plan climat: marché public, industrie, transports et priorités à fixer pour les six prochaines années.

Illustration - Plan climat métropolitain

Valenciennes Métropole cherche un bureau d’études pour actualiser son plan climat-air-énergie territorial, la feuille de route locale qui organise les choix sur l’énergie, les transports, les bâtiments, l’air, l’industrie et l’adaptation au climat. La consultation est ouverte jusqu’au 26 mai à midi. Le prix ne pèsera que 30 % dans la sélection, contre 70 % pour la qualité technique, l’équipe proposée et le calendrier. Pour les bureaux d’études spécialisés, c’est donc un marché public ciblé. Pour le territoire, c’est le signal que le prochain cycle climat est en préparation.

Le sujet peut sembler administratif. Il ne l’est pas vraiment. En France, les intercommunalités de plus de 20 000 habitants doivent avoir ce type de plan, l’évaluer à mi-parcours puis le réviser tous les six ans. Celui de Valenciennes Métropole couvre la période 2020-2026. L’actualisation arrive donc au bon moment: il ne s’agit pas d’ajouter quelques pages vertes à un document existant, mais de décider ce qui doit être gardé, renforcé, abandonné ou mesuré autrement.

Les chiffres donnent l’échelle. Le plan actuel concerne 35 communes. Son diagnostic évaluait les émissions du territoire à 2,1 millions de tonnes équivalent CO2 en 2016. Les transports arrivaient en tête, devant le logement, les intrants alimentaires, l’industrie et le tertiaire. Les énergies renouvelables ne couvraient alors que 5 % de la consommation locale. Dans un territoire industriel, urbain et traversé par de grands axes de déplacement, ces données ne sont pas abstraites: elles parlent de trajets quotidiens, de chauffage, de zones d’activité, de rénovation des bâtiments et de qualité de l’air.

La mission attendue devra aussi traiter un deuxième sujet: comment transformer un plan climat en outil de travail. La précédente version fixait des orientations, mais l’autorité environnementale avait pointé en 2020 une faiblesse importante: les gains attendus n’étaient pas suffisamment chiffrés action par action, et la trajectoire restait en retrait des objectifs nationaux sur les émissions et les énergies renouvelables. La révision doit donc aider à hiérarchiser. Toutes les actions ne se valent pas. Certaines coûtent cher pour peu d’effet. D’autres, comme la rénovation énergétique ciblée, les réseaux de chaleur, le solaire sur parkings ou bâtiments publics, ou les mobilités du quotidien, peuvent produire des effets plus visibles.

Des bases existent déjà. Le bilan à mi-parcours mentionne un réseau de chaleur pouvant desservir sept communes et plus de 150 bâtiments, douze centrales solaires en développement, et un fonds énergie d’un million d’euros par an pour accompagner les communes. Ce sont précisément les éléments à tester dans la nouvelle phase: quels projets avancent, lesquels bloquent, quels financements manquent, quelles communes sont prêtes, quelles entreprises peuvent suivre.

Le contexte régional rend l’exercice encore plus concret. Dans les Hauts-de-France, l’industrie représente 36 % des émissions régionales de gaz à effet de serre et les transports 30 %. À l’échelle nationale, les scénarios d’adaptation obligent déjà les collectivités à préparer davantage de chaleur, de pluies intenses et de tensions sur l’eau. Pour Valenciennes Métropole, le plan climat ne peut donc pas rester un document de conformité. Il doit devenir une carte de priorités: où investir, quoi mesurer, qui associer, et quels projets faire avancer en premier.