Dans le Nord, le Département remet en avant un service simple: faire vérifier son carnet de vaccination et, si besoin, recevoir certains vaccins ou rappels près de chez soi. Le dispositif s’appuie sur près de 400 points de consultation, entre protection maternelle et infantile, services de prévention santé et relais départementaux. L’intérêt n’est pas de remplacer le médecin traitant ou la pharmacie, mais d’offrir une porte d’entrée claire quand le suivi médical est irrégulier ou difficile à lire.
Pour les enfants jusqu’à 6 ans, le passage se fait par la protection maternelle et infantile, dans les Maisons Nord Solidarités. Le rendez-vous peut être pris par téléphone, par mail ou sur place. Les familles doivent apporter la carte Vitale du parent, le carnet de santé de l’enfant et le vaccin prescrit. Pour les enfants sans droits ouverts à l’Assurance maladie, les médecins peuvent disposer de vaccins sur place. C’est là que le relais départemental devient vraiment utile: il ne se contente pas d’orienter, il peut aussi débloquer une situation concrète.
Après 6 ans, les dix services de prévention santé du Département prennent le relais. Ils réalisent des vaccinations obligatoires ou recommandées, ainsi que leurs rappels: les vaccins de base de l’enfance, l’hépatite A ou B, les papillomavirus humains et certains méningocoques. Les rendez-vous sont possibles avec ou sans droits à l’Assurance maladie, sans avance de frais. Les centres peuvent aussi fournir un carnet de vaccination à ceux qui n’en ont plus. En revanche, ils ne vaccinent pas contre la grippe ni contre le Covid.
Le collège est l’autre point d’appui. Dans les établissements publics et les collèges privés volontaires, les équipes départementales interviennent auprès des élèves de 5e et de 4e, avec accord des familles. La campagne cible surtout deux vaccins: les papillomavirus humains, souvent appelés HPV, et les méningocoques ACWY. Elle peut aussi servir à rattraper d’autres vaccins oubliés. Des séances sont également proposées dans certains établissements médico-sociaux accueillant des jeunes de 11 à 14 ans.
Ce rattrapage n’est pas anecdotique. Les papillomavirus humains sont liés chaque année à environ 6 400 cancers en France, dont un quart chez les hommes. Le vaccin est recommandé pour les filles et les garçons de 11 à 14 ans, avec un rattrapage désormais possible jusqu’à 26 ans. La campagne au collège donne donc un point de contact utile à un âge où beaucoup de familles ne pensent plus spontanément au carnet vaccinal.
Sur les méningocoques, la vigilance a aussi été renforcée. Depuis 2025, la vaccination contre les méningocoques ACWY et B est obligatoire chez les nourrissons. L’ACWY est aussi recommandée chez les adolescents de 11 à 14 ans, puis en rattrapage de 15 à 24 ans. En 2024, 616 infections invasives à méningocoque ont été déclarées en France, le niveau annuel le plus élevé depuis 2010.
Le bon réflexe, pour les habitants, est donc assez direct: retrouver son carnet, demander une vérification, puis choisir le relais adapté. PMI pour les moins de 6 ans. Service de prévention santé après 6 ans. Collège pour les campagnes adolescentes. Médecin, sage-femme, infirmier ou pharmacien pour une partie des vaccinations courantes, notamment à partir de 11 ans.
Dans un département aussi vaste que le Nord, avec des situations sociales et médicales très différentes d’un territoire à l’autre, ces relais ne règlent pas tout. Mais ils donnent un point d’entrée net à ceux qui ne savent plus où en est leur calendrier vaccinal, ni à qui poser la question.