Article

Obésité complexe dans le Nord: l’appel à candidatures qui peut changer la carte des soins

Un appel à candidatures ouvre le 15 juin pour structurer la prise en charge de l’obésité complexe dans le Nord, avec un vrai enjeu de couverture territoriale.

Illustration - parcours de soins

Obésité complexe dans le Nord: l’appel à candidatures qui peut changer la carte des soins

Le 15 juin, l’Agence régionale de santé des Hauts-de-France ouvrira son appel à candidatures pour un nouveau parcours coordonné renforcé destiné aux adultes en situation d’obésité complexe. Les dossiers pourront être déposés jusqu’au 30 septembre et les lauréats seront annoncés le 30 novembre. L’enjeu n’est pas le webinaire qui précède, mais la sélection à venir: près de 30 structures pourront être retenues à l’échelle régionale pour organiser un suivi enfin plus cohérent.

Le cadre est plus concret qu’un simple affichage. Peuvent candidater des maisons de santé pluriprofessionnelles, des centres de santé et des établissements de santé, seuls ou à deux. Mais il faut déjà avoir du solide: un programme d’éducation thérapeutique déclaré, un médecin spécialiste de l’obésité, et une équipe minimale avec infirmier, diététicien et psychologue clinicien. Le forfait par patient ira de 1 126 à 1 769 euros selon les profils. Pour une pathologie qui réclame du temps médical, du suivi nutritionnel, un accompagnement psychologique et parfois de l’activité physique adaptée, cela commence enfin à mettre un prix sur ce qui restait souvent bricolé.

Dans le Nord, la question n’est donc pas de savoir si des équipes existent déjà. Elles existent. La région compte sept centres spécialisés de l’obésité, dont deux dans le département, au CHU de Lille et au centre hospitalier de Valenciennes. Huit communautés professionnelles territoriales de santé sur dix ont déjà fait du diabète ou de l’obésité un sujet prioritaire. Le vrai test est ailleurs: est-ce que ce nouvel appel aidera à structurer des parcours au-delà des pôles déjà armés, ou est-ce qu’il renforcera surtout les endroits qui avaient déjà les équipes, les spécialistes et les programmes en place.

Cet appel arrive dans une région où le besoin est massif. En Hauts-de-France, 53 % des adultes sont en surpoids ou en situation d’obésité, dont 20 % en obésité. L’Agence régionale de santé souligne aussi une progression qui touche particulièrement les jeunes: en classe de sixième, plus d’un enfant sur cinq est en surcharge pondérale. Elle relève enfin une consommation quotidienne de boissons sucrées plus élevée qu’en moyenne nationale, notamment chez les 18-29 ans, où elle atteint 44 %. Le sujet ne relève donc pas seulement de la médecine spécialisée. Il touche aussi les inégalités sociales, les habitudes de vie et la capacité des territoires à proposer autre chose qu’une succession de rendez-vous dispersés.

À l’échelle nationale, le constat reste sévère. La Drees, le service statistique des ministères sociaux, estimait qu’en 2019 14 % des personnes de 15 ans ou plus étaient en situation d’obésité en métropole. Le gouvernement a depuis engagé une feuille de route 2026-2030 pour mieux structurer la prise en charge, et le nouveau parcours fait partie des premières traductions concrètes de ce virage. Dans le Nord, il sera jugé sur un critère simple: pas sur la qualité du texte, mais sur sa capacité à rendre l’offre moins fragmentée et moins concentrée autour de quelques places fortes.