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À Lugdunum, le toit ouvert d’une école romaine raconte les libertés d’Anno 117

Dans Anno 117, une école sans toit rend son intérieur visible aux joueurs, quitte à s’éloigner des pratiques romaines. Samedi 7 novembre, Thierry Noël en parlera à Lugdunum.

École romaine imaginée dans un jeu vidéo

Dans Anno 117: Pax Romana, l’école romaine apparaît sans toit : le joueur peut voir ce qui se passe à l’intérieur. Cette image est une liberté de conception. Dans la Rome antique, les cours ne se tenaient pas dans des établissements scolaires standardisés. Ils pouvaient avoir lieu chez le maître, dans une pièce louée, une boutique ou un espace public. Les élèves utilisaient notamment des tablettes de cire. Le scénariste Matt Cook explique que l’équipe a choisi d’ouvrir le toit pour rendre la fonction du bâtiment immédiatement lisible au joueur.

Cette liberté de décor donne un aperçu des questions que pose la reconstitution historique dans un jeu vidéo. Elles seront au cœur de la conférence organisée samedi 7 novembre au musée Lugdunum. Thierry Noël, docteur en histoire et responsable de l’équipe « Humanities & Inspiration » chez Ubisoft, parlera des possibilités et des limites de la restitution des mondes anciens dans les jeux vidéo. La rencontre est annoncée de 15 h à 16 h, gratuite et destinée aux adultes, au 17 rue Cléberg, dans le 5e arrondissement de Lyon. La fiche du musée ne précise pas si une réservation est nécessaire.

Depuis le 2 octobre, Lugdunum présente l’exposition Passé antérieur : voir au-delà des vestiges. Une vingtaine d’aquarelles originales de Jean-Claude Golvin y reconstituent les quartiers du Lyon antique au IIe siècle. Le parcours présente aussi des représentations issues de la culture populaire, notamment des décors de jeux vidéo d’Ubisoft et de la série Rome.

Les aquarelles de Golvin, déjà présentées dans notre article consacré à l’exposition, participent de cette démarche.

Les équipes d’Anno 117 travaillent elles aussi à partir de recherches historiques. Dans un entretien accordé à Sky HISTORY, Thierry Noël et sa collègue Eve Ben-Haïm expliquent avoir combiné lectures universitaires, consultations d’historiens extérieurs pour examiner les éléments du jeu et tests. Noël distingue toutefois exactitude et authenticité : l’objectif n’est pas de reproduire chaque détail à l’identique, mais de donner une impression historiquement juste. Les contraintes du jeu imposent ensuite leurs propres arbitrages.

Une forge doit se reconnaître immédiatement, une école doit avoir une fonction identifiable et une ville doit pouvoir être construite et administrée. L’école au toit ouvert résume cette logique : l’image s’éloigne des pratiques architecturales romaines pour rendre le monde compréhensible.

Les aquarelles de Golvin s’appuient sur les vestiges et les connaissances archéologiques. Dans Anno 117, ces connaissances doivent aussi servir des bâtiments reconnaissables et un monde où le joueur peut agir. Samedi, Thierry Noël parlera de ces choix dans le musée qui expose déjà des décors de jeux vidéo d’Ubisoft.

Sources consultées
  1. Lugdunum, musée et théâtres romainsRestituer l'Antiquité dans les jeux vidéo, l'exemple de Anno : 117 Pax Romana (Ubisoft 2025)
  2. Lugdunum, musée et théâtres romainsPassé antérieur : voir au-delà des vestiges
  3. ARCHITECT MagazineCan a Video Game Teach Architects How Cities Really Grow?
  4. World History EncyclopediaRoman Education
  5. Sky HISTORYBringing the Roman Empire to Life in Anno 117: Pax Romana