
À Perrache, près de 500 objets personnels ont quitté leur propriétaire avant même l’ouverture de l’exposition. Confiés au printemps aux artistes d’AiRT de famille, ils ont été transformés pendant l’été et sont désormais intégrés aux installations qui ouvrent ce samedi 19 septembre au quatrième étage du Centre d’Échanges Lyon Perrache.
Confier son objet impliquait d’accepter ce qu’un artiste pourrait en faire. Pour 35 euros, billet d’entrée compris, chacun pouvait déposer un objet de moins de 30 cm, soit auprès d’un artiste choisi, soit en laissant faire le hasard. L’artiste pouvait le peindre ou le détourner, mais aussi le démonter, le casser ou lui faire perdre son usage d’origine. Une seule garantie : l’objet serait transformé, exposé, puis rendu à son propriétaire après la fermeture.
Cette circulation distingue AiRT de famille d’une exposition où le public ne ferait que regarder. Une partie de la matière exposée vient des appartements et placards des habitants, avant d’y retourner sous une autre forme. Pour cette cinquième édition, les artistes ont travaillé autour du thème des « Portes », sous la direction artistique des Têtes Dures avec Piment Martin. Le parcours occupe les Toits de Perrache, dans les espaces du niveau 4.
Depuis sa création en 2022, AiRT de famille changeait d’adresse chaque année. Pour la première fois, le festival reste deux éditions de suite à Perrache, dans des espaces qui doivent eux-mêmes être rénovés. L’édition 2026 réinvestit ainsi un lieu déjà utilisé, au moment où le centre d’échanges entre lui-même dans une phase de transformation.
L’ouverture coïncide avec celle de la 18e Biennale d’art contemporain, qui prend elle aussi Lyon pour terrain. AiRT de famille figure dans son programme Résonance, mais garde sa mécanique propre : des objets apportés par le public, incorporés au travail des artistes et destinés à repartir ensuite chez eux.
L’exposition reste ouverte jusqu’au 3 janvier 2027, avec un tarif de 12 euros, 9 euros en tarif réduit et la gratuité pour les moins de 10 ans. Les visiteurs peuvent choisir un créneau ou prendre un billet non daté. Puis, à partir du 13 janvier, les propriétaires pourront revenir à Perrache chercher l’objet qu’ils avaient déposé au printemps, avec la certitude de ne pas tout à fait récupérer celui qu’ils avaient laissé.