
Samedi 19 septembre, la Biennale d’art contemporain de Lyon ouvre avec 120 artistes répartis dans onze lieux. Il faudra entrer au macLYON et aux Grandes Locos, mais aussi croiser l’exposition dans les traboules de la Croix-Rousse, à la station de métro Part-Dieu ou dans le parking Saint-Antoine. Jusqu’au 13 décembre, une partie de Lyon devient ainsi le matériau même du parcours.
Le morceau le plus spectaculaire se trouve à La Mulatière. Avant d’accueillir des œuvres monumentales, les Grandes Locos servaient à la révision de locomotives électriques et à la maintenance de pièces détachées, jusqu’en 2019. Le complexe industriel, inauguré en 1846 et devenu centre technique de la SNCF, accueille aujourd’hui une halle de 10 000 m² consacrée à la Biennale. Les volumes bâtis pour le rail abritent désormais de l’art contemporain.
La même logique traverse d’autres lieux, à une échelle plus discrète. Le Musée des Tissus et des Arts décoratifs, toujours fermé au public pendant son chantier de rénovation, accueille temporairement la Biennale dans certains de ses espaces. Les traboules ont servi de point de départ à la commissaire Catherine Nichols pour cette édition intitulée « Passer d’un rêve à l’autre ». Et le parcours déborde jusque dans des endroits où personne ne vient normalement chercher une exposition : la station de métro Part-Dieu ou le parking Saint-Antoine.
Cette implantation ne se limite pas à fournir des décors. Aux Grandes Locos, l’artiste ghanéen Akwasi Bediako Afrane présente une œuvre née d’une résidence au pavillon Jean-Dechaume de l’hôpital Saint-Jean-de-Dieu, à Oullins-Pierre-Bénite. Avec des professionnels et de jeunes patients, il a récupéré et transformé des éléments du bâtiment alors que sa fermeture se précisait. Le tableau général basse tension du pavillon se retrouve désormais au cœur de l’installation. Un morceau très littéral de ce lieu désormais fermé entre ainsi dans la Biennale.
Mikhail Karikis a lui aussi construit son projet avec des jeunes. En juin, l’artiste a réuni aux Grandes Locos des participants de 12 à 25 ans autour de paroles, de portraits, de chant et de musique pour son projet « We Are Together Because… ». L’œuvre issue de ces ateliers rejoint le parcours 2026, tandis qu’une réalisation de Karikis est également installée dans le parking Saint-Antoine.
Pour les visiteurs, le Pass est encore vendu 20 euros en prévente ce vendredi 18 septembre, au lieu du plein tarif de 25 euros à partir de l’ouverture. Il permet une entrée dans chacun des quatre lieux payants et peut être acheté sur la billetterie officielle. D’autres sites du parcours sont en accès libre.
Pendant trois mois, les œuvres vont donc côtoyer plusieurs couches de l’histoire lyonnaise : le chemin de fer, le textile, les circulations du métro et celles des traboules. Aux Grandes Locos, là où l’on entretenait encore des locomotives il y a quelques années, une halle de 10 000 m² ouvre désormais sur l’art contemporain.