
Un vendangeur de 17 ans est mort et neuf autres ont été blessés, dont deux grièvement, samedi 22 août à Vaux-en-Beaujolais. La préfecture du Rhône a confirmé ce bilan à l’AFP dans une dépêche publiée à 19 h 08. L’accident s’est produit vers midi sur une exploitation viticole, au lieu-dit Le Plageret.
Le Progrès situe le retournement impasse du Crêt Vorion. Cinquante-quatre sapeurs-pompiers et 22 véhicules ont été mobilisés. Les neuf blessés ont été orientés vers Lyon, Arnas et Villefranche-sur-Saône ; l’un des plus gravement atteints a été évacué par l’hélicoptère Dragon 69.
Le mécanisme exact n’est pas encore établi. Selon une source proche du dossier citée par l’AFP, les victimes étaient assises dans la remorque lorsque le tracteur aurait calé dans une côte. L’ensemble aurait alors commencé à reculer avant le basculement de la remorque. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances de l’accident.
Cette reconstitution devra notamment préciser dans quelles conditions les dix vendangeurs étaient transportés. L’AFP indique qu’ils se trouvaient tous dans la remorque. Or le transport de personnes dans ce type d’équipement agricole est autorisé seulement sous certaines conditions.
L’arrêté national du 27 mars 1979 prévoit que les remorques agricoles limitées à 25 km/h en circulation peuvent transporter des personnes avec une seule remorque, des passagers assis et des aménagements destinés à prévenir les chutes. Il fixe surtout à neuf le nombre total de personnes transportées, conducteur compris.
Si la remorque accidentée relève bien de ce régime, la présence de dix personnes à bord, telle que rapportée par l’AFP, ne serait donc pas compatible avec ce plafond. Cela ne suffit pas à établir un manquement dans l’accident de Vaux-en-Beaujolais : le type exact de remorque, ses caractéristiques techniques et les conditions dans lesquelles l’ensemble circulait n’ont pas été rendus publics samedi soir.
Dans son guide 2026 d’évaluation des risques en viticulture, la MSA Ain-Rhône classe le transport du personnel parmi les situations exposées aux accidents de circulation. Parmi les mesures de prévention proposées figurent l’utilisation d’un véhicule adapté, le maintien des passagers assis, l’entretien du matériel, notamment des freins, et l’absence de passagers sur une remorque ou un tracteur qui n’a pas été spécialement aménagé à cet effet.
L’enquête devra donc préciser comment la remorque était aménagée, combien de personnes elle pouvait transporter, quel était l’état du freinage et pourquoi l’ensemble a commencé à reculer. Ces éléments permettront de distinguer le mécanisme de l’accident d’un éventuel problème lié aux conditions de transport.
L’accident intervient au cœur d’une campagne commencée particulièrement tôt dans le Beaujolais. Dès le 13 août, les premières vendanges avaient débuté dans les secteurs les plus précoces, avec des équipes et des recrutements avancés pour suivre la maturité du raisin.
Samedi soir, aucune responsabilité individuelle ni cause définitive n’était rendue publique. Le prochain élément décisif sera donc matériel : la configuration exacte du tracteur et de sa remorque au Plageret, et la manière dont ce déplacement de vendangeurs s’est terminé par un retournement mortel à Vaux-en-Beaujolais.
Sources consultées
- AFP, via Le ParisienVendanges : un jeune de 17 ans tué et neuf autres blessés après un accident de remorque dans le Beaujolais
- Le ProgrèsRhône. Un mort et neuf blessés dans un accident pendant les vendanges en Beaujolais
- LégifranceArrêté du 27 mars 1979, article 7
- MSA Ain-RhôneGuide d’aide à la rédaction du document unique d’évaluation des risques professionnels, viticulture 2026