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RER et Transilien : les trains supprimés faute de conducteur compteront dans la ponctualité

Le contrat 2026-2030 réintègre certaines suppressions anticipées dans la ponctualité. Sur le RER C, un précédent recalcul avait ouvert droit à des remboursements.

Illustration - Un RER à quai

Un RER supprimé la veille avant 17 heures pouvait ne pas compter dans les objectifs de ponctualité, même si son annulation était due à un manque de conducteurs. Le nouveau contrat entre Île-de-France Mobilités et SNCF Voyageurs, adopté le 15 octobre pour la période 2026-2030, met fin à cette exclusion pour les suppressions liées au personnel ou au matériel roulant.

Cette règle méconnue avait déjà eu des conséquences sur les remboursements des voyageurs.

Sur le RER C, des suppressions avaient changé les droits à remboursement

En février 2024, Île-de-France Mobilités révélait avoir demandé à la SNCF de recalculer les résultats de ponctualité de 2023 pour les remboursements. Certaines suppressions annoncées avant 17 heures la veille, faute de conducteurs, n’apparaissaient pas dans les données initialement communiquées.

Après leur réintégration, plusieurs branches du RER C, jusque-là légèrement au-dessus de 80 % de ponctualité certains mois, étaient repassées sous ce seuil. Le recalcul avait ainsi ouvert droit à des dédommagements.

L’ampleur des difficultés était loin d’être négligeable. En décembre 2023, près de 15 % des missions prévues sur le RER C avaient été supprimées faute de conducteurs, sans distinction selon l’heure de leur annonce. Ce taux ne correspond donc pas aux seules suppressions exclues des statistiques. La ligne P avait également été touchée, dans une moindre mesure.

Île-de-France Mobilités avait donc déjà corrigé les chiffres utilisés pour cette campagne de remboursement. Le contrat voté le 15 octobre inscrit désormais la prise en compte de ces suppressions dans les objectifs de performance de SNCF Voyageurs.

Une ponctualité qui devra mieux refléter le service assuré

Sur les RER et Transilien, la ponctualité correspond à la proportion de voyageurs arrivant à destination avec moins de cinq minutes de retard. Elle ne mesure pas simplement le nombre de trains respectant leur horaire.

Jusqu’ici, le contrat neutralisait les trains supprimés avant 17 heures la veille. Désormais, les annulations anticipées pour manque de conducteurs ou problème de matériel roulant entreront dans les objectifs.

Un voyageur du RER B en Seine-Saint-Denis, du RER C dans les Yvelines ou du RER D en Seine-et-Marne dépend autant de la présence de son train que de son heure d’arrivée.

Cette modification pourrait même faire baisser certains résultats affichés sans que davantage de trains soient supprimés : des défaillances auparavant exclues seront comptabilisées. Il faudra en tenir compte pour comparer les performances avant et après le changement.

Le contrat relève également les objectifs. Les RER B, C et D devront atteindre 91 % de ponctualité en 2030, contre 95 % pour le RER E. Sur le RER D, toujours en difficulté malgré les investissements, la ponctualité n’atteignait que 82,2 % en septembre 2026.

Des milliards pour les trains, des pénalités pour les résultats

Le contrat s’accompagne de 7,2 milliards d’euros d’investissements sur cinq ans, soit 20 % de plus que le précédent. L’essentiel financera les trains neufs (4,4 milliards), la rénovation des rames et les ateliers de maintenance (1,2 milliard).

Ces dépenses doivent notamment améliorer la disponibilité du matériel. Mais une rame neuve ne règle pas à elle seule les difficultés de recrutement, d’organisation ou de maintenance qui entraînent des suppressions.

Les résultats auront aussi des conséquences financières : le contrat prévoit une enveloppe annuelle de 43 millions d’euros de bonus-malus liée à la ponctualité, à laquelle s’ajoutent 36 millions pour la qualité de service. Le suivi des performances sera renforcé, ligne par ligne et axe par axe.

La nouvelle règle rend ainsi l’exploitant davantage responsable des trains qu’il n’assure pas, même lorsqu’il prévient les voyageurs suffisamment tôt.

Île-de-France Mobilités n’a pas publié le nombre de suppressions qui seraient concernées en 2026.

Sur le RER C comme sur le RER D, ces trains absents entreront désormais dans l’évaluation contractuelle qui détermine une partie des bonus et pénalités de SNCF Voyageurs.

Sources consultées
  1. Île-de-France MobilitésUn nouveau contrat entre Île-de-France Mobilités et SNCF Voyageurs pour plus d'investissements et de qualité de service au bénéfice des voyageurs
  2. Île-de-France MobilitésPonctualité de l'année 2023 : Île-de-France Mobilités renforce ses exigences et dédommage plus de Franciliens
  3. SNCF Open DataRégularité mensuelle Transilien
  4. Île-de-France MobilitésRapport environnemental 2025