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RER D : 5 milliards engagés, mais la ponctualité reste à 81,6 %

La dégradation du RER D ne se limite pas aux branches où l’offre a été réduite. L’expertise de novembre devra comprendre pourquoi la ligne reste aussi fragile.

Illustration - RER D sur les voies franciliennes

En juillet, seuls 81,6 % des voyageurs du RER D sont arrivés à destination à l’heure ou avec moins de cinq minutes de retard, contre une référence de 90 %. Sur les sept premiers mois de l’année, la ligne reste autour de 82 %. Île-de-France Mobilités lancera en novembre une expertise indépendante de son exploitation, chargée d’identifier les dysfonctionnements et de préparer avec SNCF Voyageurs et SNCF Réseau un plan de redressement pour 2027 et 2028.

Les chiffres montrent surtout que la faiblesse ne se concentre pas au sud. Depuis janvier, le tronçon Paris-Nord–Paris-Gare-de-Lyon affiche 82,9 % de ponctualité pour une référence de 95 %. Les axes traversant la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne restent eux aussi sous leurs références. Plus loin, Vigneux–Corbeil via le plateau tombe à 78,2 %, tandis que Lieusaint–Melun atteint 82 %. De Saint-Denis à la Seine-et-Marne, en passant par Paris, le Val-de-Marne et l’Essonne, le problème traverse donc la ligne.

C’est ce qui distingue cette nouvelle alerte de la réduction d’offre entrée en vigueur le 24 août. Pour les quatre premières semaines, le plan de transport retire 27 circulations prévues, dont 12 sur la branche de Melun et 15 sur celle de Corbeil-Essonnes. Transilien explique cette mesure par la capacité de maintenance réduite pendant les travaux des ateliers de Villeneuve-Saint-Georges et de Joncherolles, aggravée cet été par les effets des fortes chaleurs sur les anciennes rames Z2N.

Or les investissements sont déjà massifs, tandis que plusieurs capacités nouvelles n’entreront en service que progressivement. Île-de-France Mobilités chiffre à 5 milliards d’euros les investissements engagés. Sur les 132 RER NG commandés, 32 assurent aujourd’hui environ 20 % des circulations. Le nouveau technicentre de Villeneuve-Saint-Georges doit devenir opérationnel courant 2027, celui de Joncherolles achèvera sa modernisation en 2028 et le centre de commandement commun aux RER B et D, à Saint-Denis, est attendu en 2030. Pendant les travaux de Villeneuve-Saint-Georges et de Joncherolles, Transilien dit disposer de moins de capacité de maintenance, alors même que ces chantiers doivent l’augmenter à terme.

Une expertise d’exploitation peut agir sur d’autres leviers. Sur le RER B, la mission confiée en 2023 à Yves Ramette avait identifié des problèmes de disponibilité des trains, de gestion des circulations, de coordination des travaux, de gouvernance et d’outils communs entre opérateurs. Île-de-France Mobilités fait depuis état d’une ponctualité passée de 85,1 % en 2023 à 89,2 % sur les premiers mois de 2025.

Le RER D dispose déjà de trains neufs, d’ateliers en reconstruction et de futurs outils de régulation. L’expertise devra maintenant chercher comment améliorer l’exploitation pendant la montée en puissance de ces équipements, sans attendre 2030. Île-de-France Mobilités vise jusqu’à six points de ponctualité supplémentaires d’ici là. Pour les voyageurs de Saint-Denis, Paris, Villeneuve-Saint-Georges, Corbeil-Essonnes ou Melun, le résultat se mesurera plus simplement : moins de trains supprimés et davantage d’arrivées à l’heure.

Sources consultées
  1. Île-de-France MobilitésJuillet 2026 : les résultats de ponctualité des lignes / axes RATP et Transilien SNCF Voyageurs et SNCF Réseau
  2. Île-de-France MobilitésValérie Pécresse fait appel à une expertise indépendante pour redresser le RER D
  3. Transilien SNCF VoyageursUne réduction de l’offre sur le RER D à partir du 24 août
  4. Île-de-France MobilitésRER B : le redressement se poursuit grâce au plan d’action d’urgence