
Au 28 septembre, 23 infections humaines autochtones à virus West Nile sont attribuées à une exposition en Île-de-France. Treize personnes ont développé une forme neuro-invasive et trois sont décédées, à 49, 73 et 88 ans. Les cas humains concernent désormais sept départements, avec un cas attribué à une exposition dans les Hauts-de-Seine.
Le Val-de-Marne compte sept cas, l’Essonne cinq, la Seine-Saint-Denis quatre, le Val-d’Oise trois, la Seine-et-Marne deux, les Yvelines et les Hauts-de-Seine un chacun. Paris reste le seul département sans cas humain attribué à une exposition locale. Le virus y a toutefois été détecté chez des oiseaux. En combinant les surveillances humaine, aviaire et équine, West Nile est désormais documenté dans les huit départements franciliens.
Le passage de 20 à 23 cas depuis le précédent bilan publié le 24 septembre ne correspond pas à trois contaminations survenues en quelques jours. Les débuts de symptômes des cas connus s’échelonnent de la mi-juillet au début septembre. Deux autres infections ont été découvertes chez des donneurs de sang qui n’ont présenté aucun symptôme. Les nouveaux diagnostics reflètent donc aussi le délai nécessaire pour identifier les infections et établir le lieu probable d’exposition.
La circulation avait d’ailleurs été repérée avant les premiers malades. En mai, du virus avait déjà été détecté dans des excrétas de moustiques collectés dans un piège du Val-de-Marne. Depuis juin, sept oiseaux ont été testés positifs à Paris, en Seine-et-Marne, dans les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne et le Val-d’Oise. Neuf chevaux symptomatiques ont aussi été diagnostiqués dans l’Essonne, la Seine-et-Marne, le Val-de-Marne et le Val-d’Oise.
Les cas humains ne sont qu’une des façons de suivre West Nile : le virus circule principalement entre les oiseaux et les moustiques Culex, tandis que l’être humain et le cheval sont des hôtes accidentels. L’identification d’un cas humain peut donc arriver tard dans les données alors que la circulation était déjà visible chez les moustiques ou les animaux.
C’est surtout la comparaison avec 2025 qui change la portée du bilan francilien. L’an dernier avait constitué la première saison documentée de West Nile dans la région, avec 19 infections humaines confirmées. En tenant compte des surveillances humaine, animale et entomologique, Santé publique France avait retrouvé une circulation dans sept des huit départements. Seule la Seine-et-Marne manquait alors à la carte.
En 2026, la Seine-et-Marne compte désormais deux cas humains attribués à une exposition dans le département, mais aussi des détections chez les oiseaux et les chevaux. Un an après l’émergence initiale, la région connaît ainsi une deuxième saison consécutive de circulation documentée, cette fois dans chacun de ses huit départements.
Cette succession ne suffit pas encore à conclure que West Nile est durablement installé en Île-de-France. Dans son bilan 2025, Santé publique France indiquait qu’une seule saison ne permettait pas de distinguer une émergence ponctuelle d’une implantation plus durable dans l’écosystème régional. La réapparition du virus dès mai 2026, puis sa détection chez plusieurs espèces et sur l’ensemble de la région, renforce l’hypothèse d’une circulation récurrente sans encore démontrer une endémisation.
Le bilan humain rappelle en même temps pourquoi le nombre de cas détectés ne peut pas servir directement à mesurer le risque individuel. Les 13 formes neuro-invasives parmi 23 cas connus ne signifient pas que plus d’une infection sur deux devient grave. Environ 80 % des infections à West Nile sont asymptomatiques ou presque, tandis que les atteintes neurologiques concernent moins de 1 % des personnes infectées. Les formes sévères ont donc beaucoup plus de chances d’être diagnostiquées que les infections silencieuses.
Les autorités suivent aussi les infections détectées chez les oiseaux, les chevaux et les moustiques, tandis que les produits sanguins issus des dons réalisés en Île-de-France font l’objet de mesures de sécurisation. Pour les habitants, la prévention reste celle des piqûres : vêtements couvrants, répulsifs adaptés, moustiquaires et suppression autant que possible des eaux stagnantes. L’ARS Île-de-France détaille les mesures de prévention contre West Nile.
La surveillance renforcée doit se poursuivre jusqu’au 30 novembre. D’ici là, quelques diagnostics supplémentaires pourront encore rejoindre le bilan alors que les symptômes remontent à plusieurs semaines. Après la première émergence francilienne de 2025, West Nile a circulé une deuxième saison et la Seine-et-Marne a comblé le dernier blanc de la carte régionale.
Sources consultées
- Santé publique FranceSurveillance sanitaire en Île-de-France. Bulletin du 30 septembre 2026
- Santé publique FranceSurveillance sanitaire en Île-de-France. Bulletin du 23 septembre 2026
- Santé publique FranceChikungunya, dengue, zika, virus West Nile et Usutu en Île-de-France. Bilan 2025
- Agence régionale de santé Île-de-FranceInfection par le virus du Nil occidental : transmission, symptômes et prévention