
Le 6 août, le tunnelier Virginie a refait surface à Tremblay-en-France après 19 mois sous terre. Sur ses six derniers kilomètres, la machine est passée sous une ligne TGV, deux pistes de l’aéroport Charles-de-Gaulle et le terminal 2. Avec son arrivée s’achèvent six années de creusement : cinq tunneliers ont réalisé les quelque 20 km souterrains de la ligne 17.
Le gros œuvre n’est pourtant pas complètement terminé. La ligne doit mesurer 26,5 km entre Saint-Denis – Pleyel et Le Mesnil-Amelot. Entre Gonesse et Tremblay, elle circule en partie à l’air libre sur un viaduc de 3,5 km, dont les dernières portions doivent encore être assemblées d’ici à la fin de 2026. Une fois cette jonction réalisée, son tracé physique sera continu à travers la Seine-Saint-Denis, le Val-d’Oise et la Seine-et-Marne.
Mais construire le chemin ne suffit pas à fabriquer un métro. Dans les tunnels et les gares, les équipes installent encore façades de quais, fibre optique, radio, balises et automatismes de conduite. Chaque gare compte environ 700 équipements à tester et à relier au poste de commandement d’Aulnay-sous-Bois. Les premiers essais de rames ont déjà commencé sur le site d’Aulnay ; suivront les essais d’intégration et de validation, puis la marche à blanc sans voyageurs.
Cette phase moins visible compte directement dans le calendrier. Les difficultés rencontrées avec les automatismes communs aux lignes 15, 16 et 17 avaient déjà conduit la Société des grands projets à repousser le premier tronçon de la 17. Le calendrier actuel prévoit Saint-Denis – Pleyel à Le Bourget – Aéroport en 2027, puis le Parc des Expositions en 2028 et enfin Roissy et Le Mesnil-Amelot en 2030.
Ces trois dates découpent aussi trois réalités territoriales. La Seine-Saint-Denis sera la première desservie par la nouvelle liaison, de Saint-Denis à la plateforme du Bourget. En 2028, Gonesse donnera au Val-d’Oise sa gare de la ligne 17, tandis que le métro gagnera le Parc des Expositions de Villepinte. Pour le nord-ouest de la Seine-et-Marne, il faudra attendre 2030 et le terminus du Mesnil-Amelot, prévu avec des correspondances en bus et un parc-relais également destiné aux automobilistes du sud de l’Oise.
Ce phasage était déjà au cœur de notre article de juillet sur la ligne 17. Sous Roissy, il n’y a désormais plus de tunnel à creuser. À Tremblay, les dernières pièces du viaduc doivent maintenant fermer le tracé avant que les équipements, les rames et leurs automatismes puissent transformer ces 26,5 km d’infrastructure en ligne de métro.