
Depuis le 24 août, 27 trains ont été retirés du programme de circulation du RER D pour quatre semaines : 15 sur la branche de Corbeil-Essonnes et 12 sur celle de Melun. Cette répartition pourra changer ensuite, mais la réduction de l’offre doit durer jusqu’à la fin de 2026. Elle touche donc durablement les trajets entre Paris, le Val-de-Marne, l’Essonne et la Seine-et-Marne.
Il ne s’agit pas d’une coupure supplémentaire pour travaux. SNCF Voyageurs explique avoir besoin de faire circuler moins de trains pour maintenir correctement ceux qui restent. Les chantiers des ateliers de Joncherolles et de Villeneuve-Saint-Georges réduisent temporairement les capacités de maintenance, tandis que les fortes chaleurs de ces derniers mois ont particulièrement éprouvé les anciennes rames Z2N. L’offre a été redessinée pour éviter autant que possible les trous de desserte et rendre les horaires prévus plus stables.
La ligne doit renouveler à la fois ses trains et les installations qui les entretiennent tout en continuant à transporter ses voyageurs. Au 1er septembre, Île-de-France Mobilités comptait 32 RER NG en service, assurant environ 20 % des circulations. L’autorité organisatrice inclut aussi la mise au point de ce nouveau matériel parmi les causes de la baisse récente de performance.
Île-de-France Mobilités chiffre à 5 milliards d’euros les investissements en cours sur le RER D, dont 3 milliards pour 132 RER NG. Le nouveau technicentre de Villeneuve-Saint-Georges représente 685 millions d’euros et doit commencer à entrer en service entre la fin de 2026 et le début de 2027. Celui de Joncherolles fait l’objet d’une modernisation de 250 millions d’euros prévue jusqu’en 2028. La capacité de ces ateliers conditionne directement le nombre de trains que SNCF peut maintenir disponibles.
Cette explication ne suffit cependant plus à Île-de-France Mobilités. En juillet, la ponctualité du RER D est passée sous 85 %, quatre points sous l’objectif fixé dans le contrat. L’autorité reconnaît que les travaux, les conditions météo et l’arrivée du RER NG expliquent une partie de la dégradation, mais pas sa totalité. Une expertise indépendante doit donc commencer en novembre pour identifier les autres dysfonctionnements et construire avec SNCF Voyageurs et SNCF Réseau un plan d’action pour 2027 et 2028. L’objectif affiché est de gagner jusqu’à six points de ponctualité d’ici 2030.
Réduire à l’avance le nombre de trains peut donc être une mesure rationnelle pour retrouver de la prévisibilité. Mais devoir le faire sur une ligne engagée dans un renouvellement de plusieurs milliards d’euros révèle combien cette transition manque encore de marge. Pour les voyageurs de Juvisy, Corbeil-Essonnes, Brunoy, Lieusaint ou Melun, les trains supprimés pourront changer au fil de l’automne. La contrainte, elle, doit rester jusqu’à la fin de l’année : faire circuler moins de RER D pour pouvoir mieux entretenir ceux qui circulent.