Article

West Nile : trois cas humains confirment un deuxième été de circulation en Île-de-France

Deux cas en Essonne et un en Seine-Saint-Denis sont documentés après des détections chez des moustiques et des oiseaux. Un deuxième été de circulation locale est observé.

Illustration - moustiques et oiseaux franciliens

Un an après sa première émergence documentée en Île-de-France, le virus West Nile circule de nouveau localement dans la région. Santé publique France recense au 17 août trois cas humains autochtones en 2026 : deux en Essonne et un en Seine-Saint-Denis. Les symptômes ont débuté à la mi-juillet et deux patients ont présenté une forme neuro-invasive.

Ces trois cas prolongent une série de détections commencée au printemps. En mai, le virus avait été identifié dans des excrétas de moustiques recueillis dans un piège du Val-de-Marne. En juin, six oiseaux positifs avaient été détectés par l’Anses à Paris, en Seine-et-Marne, dans les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne. En juillet sont apparus les cas humains de l’Essonne et de Seine-Saint-Denis. En trois mois, le virus a ainsi été détecté par différents réseaux de surveillance dans six départements franciliens.

Cette succession montre aussi pourquoi West Nile ne se surveille pas comme la dengue ou le chikungunya. Son principal vecteur est un moustique du genre Culex, et non le moustique tigre. Les oiseaux constituent le réservoir du virus ; l’homme et le cheval sont infectés accidentellement et ne permettent pas au cycle de repartir vers les moustiques. La surveillance associe donc quatre réseaux, humain, équin, aviaire et entomologique, pour repérer où et quand le virus circule.

Autour d’un cas de dengue transmis par le moustique tigre, la lutte contre les moustiques peut être fortement localisée. Avec Culex, beaucoup plus mobile, Santé publique France indique que la gestion de West Nile repose surtout sur la sécurisation du sang, des greffes et des autres produits issus du corps humain, et beaucoup moins sur la démoustication autour des patients.

L’été 2025 avait montré l’utilité de ce dispositif. Dix-neuf infections humaines à West Nile avaient alors été confirmées en Île-de-France. Sept cas avaient été détectés à la suite de dons de sang. Les mesures prises par l’Établissement français du sang et l’Agence de la biomédecine, d’abord dans les départements où apparaissaient les premiers cas, avaient finalement été étendues à toute la région. Cette surveillance relie patients, animaux, moustiques et dons de sang.

Le retour du virus en 2026 donne surtout un nouvel intérêt à une question laissée ouverte après l’épisode de 2025. Santé publique France estimait alors que plusieurs saisons seraient nécessaires pour savoir si cette première émergence francilienne était ponctuelle ou annonçait une installation durable du virus dans l’écosystème régional. Deux années consécutives de circulation locale sont désormais documentées, sans qu’il soit encore possible de conclure à une installation durable.

Au 17 août, la carte humaine de 2026 reste limitée à deux patients en Essonne et un en Seine-Saint-Denis. Mais lorsque ces cas ont été identifiés, le virus avait déjà laissé des traces dans un piège du Val-de-Marne en mai puis chez des oiseaux de quatre départements en juin.

Sources consultées
  1. Santé publique FranceSurveillance sanitaire en Île-de-France. Bulletin du 21 août 2026
  2. Santé publique FranceChikungunya, dengue, Zika, virus West Nile et Usutu en Île-de-France. Bilan 2025