
Le premier signal n’est pas venu d’un hôpital. Le 23 juillet 2025, le virus West Nile a été détecté dans un piège à moustiques du Val-de-Marne. Huit jours plus tard, le premier cas humain autochtone était signalé. Le bilan final a retenu 19 cas de West Nile, auxquels s’ajoutaient deux infections par le virus Usutu et sept autres que les analyses n’avaient pu attribuer à l’un ou l’autre.
Les 19 cas de West Nile étaient répartis dans 14 communes et sept départements : cinq dans le Val-de-Marne, quatre dans les Hauts-de-Seine, trois en Seine-Saint-Denis, deux à Paris, dans les Yvelines et dans l’Essonne, et un dans le Val-d’Oise. En croisant les surveillances humaine, animale et entomologique, la circulation virale a été établie partout en Île-de-France sauf en Seine-et-Marne.
Cette géographie oblige à une réponse différente de celle déployée contre la dengue ou le chikungunya. West Nile est transmis par le moustique commun Culex, dans un cycle entretenu par les oiseaux. Les humains et les chevaux peuvent tomber malades, mais ne transmettent normalement pas le virus aux moustiques. Comme Culex peut parcourir plusieurs centaines de mètres et que ses gîtes dépassent largement le voisinage d’un patient, les autorités ne mènent généralement pas de démoustication ciblée autour de chaque cas.
Une détection déclenche plutôt une chaîne de surveillance. Après les premiers cas humains, l’Agence régionale de santé a alerté les services d’infectiologie, de neurologie et d’urgence franciliens. L’Établissement français du sang et l’Agence de la biomédecine ont renforcé la protection des dons dans la Seine-Saint-Denis et le Val-d’Oise dès le 6 août 2025, puis à Paris, dans les Yvelines, les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne le 3 septembre. Le dispositif a été étendu à toute l’Île-de-France une semaine plus tard. Selon les circonstances, ces mesures reposent sur le dépistage des dons ou l’ajournement temporaire de certains donneurs. Sept cas ont été identifiés chez des donneurs de sang.
Les autres réseaux ont complété la carte. Six chevaux symptomatiques ont été testés positifs, dont trois dans les Yvelines, deux à Paris et un dans le Val-de-Marne. Deux corneilles mortes dans un parc parisien étaient également porteuses du virus. Des pièges positifs ont été retrouvés à Paris et dans le Val-de-Marne. Chaque détection, chez un patient, un cheval, un oiseau, un moustique ou un donneur, alimente ainsi la même veille régionale.
Cette surveillance renforcée fonctionne chaque année du 1er mai au 30 novembre. Au 27 juillet 2026, le bulletin national recensait deux cas humains autochtones en France, dans les Pyrénées-Orientales et les Bouches-du-Rhône, et aucun en Île-de-France. La saison francilienne n’est donc pas marquée, à cette date, par une nouvelle flambée. Plusieurs années de surveillance seront nécessaires pour savoir si 2025 restera un épisode isolé ou marquera le début d’une installation durable du virus.
En 2025, un piège positif dans le Val-de-Marne puis les premiers cas humains ont conduit à renforcer la sécurisation des dons dans les huit départements. Ce maillage, du piège à moustiques au laboratoire hospitalier, reste mobilisé jusqu’au 30 novembre.
Sources consultées
- Agence régionale de santé Île-de-FranceInfection par le virus du Nil occidental : transmission, symptômes et prévention
- Santé publique FranceBilan de la surveillance renforcée des arboviroses transmises par les moustiques en Île-de-France en 2025
- Santé publique FranceVirus West Nile en France hexagonale. Bilan 2025
- Santé publique FranceChikungunya, dengue, Zika et West Nile en France hexagonale. Bulletin de la surveillance renforcée du 29 juillet 2026