
Depuis 8 heures ce samedi 3 octobre, Francazal, Estadens, Boutx, Razecueille, Argut-Dessous et Binos sont placées en crise pour les usages provenant du réseau public d’eau potable. Elles portent à 142 le nombre de communes de Haute-Garonne concernées par ce niveau maximal. Dans le même arrêté, le bassin du Sor passe en alerte renforcée pour les prélèvements directs dans les cours d’eau et leurs nappes d’accompagnement. La zone de gestion de la Montagne Noire passe au même niveau pour les usages du réseau public.
Pour les habitants des six communes nouvellement classées, les restrictions sur l’eau du robinet se durcissent nettement. Au niveau crise, l’arrosage des potagers est interdit de 8 h à 20 h. Pelouses, massifs fleuris, jardins d’agrément et espaces verts ne peuvent plus être arrosés, sauf les arbres et arbustes de moins de trois ans, deux fois par semaine au maximum entre 20 h et 8 h. Le lavage d’un véhicule particulier est interdit hors impératif sanitaire. Les piscines familiales ne peuvent plus être remplies, remise à niveau comprise. Ces règles figurent dans l’arrêté du 2 octobre, applicable jusqu’au 31 octobre sauf nouvelle évolution.
Une commune peut avoir deux niveaux de restriction
L’arrêté distingue les usages alimentés par le réseau public de ceux qui reposent sur des prélèvements directs dans les cours d’eau et leurs nappes d’accompagnement. Les niveaux peuvent être différents au même endroit.
Labarthe-Rivière en donne un exemple particulièrement clair ce 3 octobre. Dans cette commune du Comminges, l’eau du robinet reste au niveau vigilance. En revanche, un prélèvement dans la Garonne, dans un cours d’eau concerné ou dans sa nappe d’accompagnement relève du niveau crise : l’arrosage du potager est alors interdit de 8 h à 20 h, les pelouses ne peuvent plus être arrosées et le remplissage d’une piscine familiale est interdit, remise à niveau comprise.
Cette superposition explique pourquoi une règle départementale résumée à « 142 communes en crise » peut être trompeuse dans la pratique. Un jardin alimenté par l’eau potable, un forage ou un pompage direct ne relève pas nécessairement du même régime. Pour savoir quelle restriction s’applique à une adresse et à une ressource, les habitants peuvent consulter la carte départementale des restrictions.
L’automne commence sans desserrer l’étau
Dans son communiqué du 2 octobre, la préfecture fait état de cinq mois consécutifs de déficit pluviométrique marqué, supérieur à 50 % depuis début juin. Elle indique également que la situation continue de se dégrader sur le Sor et la Montagne Noire et que la Garonne amont reste en crise malgré la mobilisation des réserves pyrénéennes.
Dès le 12 septembre, la préfecture expliquait que l’eau disponible pour le soutien d’étiage devait être ménagée afin de couvrir toute la période jusqu’à la fin octobre, à la fois pour protéger les milieux aquatiques et sécuriser l’alimentation en eau potable. La Garonne était alors passée en alerte renforcée. Deux semaines plus tard, 136 communes étaient classées au niveau maximal.
Le passage à 142 communes n’est donc pas un changement uniforme appliqué à tout le département. Il marque plutôt la progression, secteur après secteur et ressource par ressource, d’une sécheresse qui se prolonge désormais en octobre. Pour Francazal, Estadens, Boutx, Razecueille, Argut-Dessous et Binos, le changement est immédiat : depuis ce samedi matin, c’est bien la grille « crise » qui s’applique à l’eau du réseau public. Le reste dépend toujours de la ressource utilisée et de la zone où l’on prélève.
Sources consultées
- Préfecture de la Haute-GaronneRestrictions sur les usages de l’eau en Haute-Garonne liées à la sécheresse : passage en crise de 6 communes supplémentaires et passage du Sor en alerte renforcée
- Mairie de Labarthe-RivièreNouvel arrêté sécheresse applicable au 03/10/2026
- Préfecture de la Haute-GaronneRestrictions sur les usages de l’eau en Haute-Garonne : nouvel arrêté à compter du samedi 12 septembre 2026