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Garonne en crise : ce qui change à 8 h dans 136 communes de Haute-Garonne

À partir de 8 h ce samedi 26 septembre, 136 communes passent au niveau maximal de restriction tandis que les réserves soutenant la Garonne doivent être préservées jusqu’à fin octobre.

Illustration - Garonne basse et restrictions d’eau

À 8 heures ce samedi 26 septembre, 136 communes de Haute-Garonne passeront au niveau « crise » pour les usages provenant du réseau public d’eau potable. Le nouvel arrêté préfectoral du 25 septembre place également en crise la Garonne Centre et le canal de Saint-Martory, la Garonne Sud en amont de Valentine et le ru de Maudan pour les prélèvements dans le milieu naturel. Il s’agit du niveau le plus élevé du dispositif sécheresse.

Dans l’agglomération toulousaine, plusieurs communes de l’ouest sont concernées. Tournefeuille confirme ainsi son passage en crise à partir de ce samedi. Toulouse doit en revanche rester en alerte renforcée, selon les informations communiquées vendredi par la préfecture et rapportées par La Dépêche du Midi. La règle applicable varie donc selon la commune, mais aussi selon l’origine de l’eau utilisée.

En zone de crise, les restrictions deviennent nettement plus sévères pour les particuliers. À Tournefeuille, l’arrosage des potagers est interdit entre 8 h et 20 h, celui des pelouses, massifs fleuris et jardins d’agrément est interdit sauf exception limitée pour les jeunes arbres et arbustes, et le lavage d’un véhicule chez soi est interdit hors impératif sanitaire. Les piscines et plusieurs usages professionnels ou collectifs sont également soumis à des limitations spécifiques.

Il ne suffit donc pas de savoir que « la Garonne est en crise » pour connaître la règle applicable chez soi. Un foyer alimenté par le réseau public et un exploitant prélevant directement dans une rivière peuvent relever de zonages différents. La préfecture recommande de vérifier les restrictions correspondant à son adresse et à son usage sur VigiEau ou dans l’atlas de la DDT31.

Ce nouveau palier arrive seulement deux semaines après le passage de la Garonne en alerte renforcée, le 12 septembre. Fin août, plusieurs bassins du département avaient déjà changé de niveau. La préfecture expliquait alors déjà devoir préserver les réserves disponibles pour le soutien d’étiage jusqu’à la fin octobre, afin de protéger les milieux aquatiques et de sécuriser l’alimentation en eau potable.

Derrière ces restrictions, le soutien d’étiage joue un rôle décisif. Depuis plus de trente ans, de l’eau stockée notamment dans les grands barrages hydroélectriques pyrénéens est relâchée lorsque le débit naturel de la Garonne devient trop faible. L’Établissement public Garonne dispose, selon les années, de 30 à plus de 80 millions de mètres cubes mobilisables en amont de Toulouse. Sur les années récentes, 42 % des lâchers ont en moyenne été effectués en septembre et octobre : conserver de l’eau en fin d’été est donc indispensable pour franchir les dernières semaines de l’étiage.

Vendredi, Baptiste Mandard, secrétaire général de la préfecture, a indiqué à La Dépêche qu’il restait « un peu moins de 40 % » des réserves mobilisables, et environ 30 % sur la partie amont. Selon lui, utiliser uniquement ce levier ne permettrait plus de couvrir tous les besoins jusqu’à la fin octobre. Il précise toutefois qu’il n’existe à ce stade aucune alerte sur l’alimentation en eau potable. Les restrictions servent précisément à préserver cet usage prioritaire.

La météo laisse peu de marge immédiate. Au 22 septembre, Météo-France ne relevait que 5 à 10 mm de pluie depuis le début du mois sur une grande partie du tiers sud, alors qu’un mois de septembre normal en apporte 60 à 70 mm. Toulouse avait par ailleurs atteint 37,9 °C le 6 septembre, un record mensuel pour la station.

Après des mois à compenser en partie les faibles débits par les réserves pyrénéennes, il faut désormais réduire davantage les prélèvements pour conserver assez d’eau jusqu’à l’automne. Un assouplissement supposera une amélioration suffisamment durable de la situation hydrologique, et non une simple averse. D’ici là, à quelques kilomètres de distance, Toulouse et certaines communes de son agglomération continueront à vivre sous des niveaux de restriction différents.

Sources consultées
  1. Alerte RDV PréfectureRestrictions sur les usages de l’eau en Haute-Garonne : passage de la partie amont de la Garonne en situation de crise
  2. Ville de TournefeuilleSécheresse : restrictions d’usage de l’eau
  3. Préfecture de la Haute-GaronneRestrictions sur les usages de l’eau en Haute-Garonne : nouvel arrêté à compter du samedi 12 septembre 2026
  4. Établissement public GaronneLes opérations de soutien d’étiage de la Garonne
  5. Météo-FranceUne sécheresse des sols historique
  6. La Dépêche du MidiSécheresse en Haute-Garonne, on passe au niveau « crise » pour la première fois