Article

C&C France : LDLC reprend trois magasins, aucun en Gironde malgré deux autres offres

Deux offres prévoyaient de conserver des emplois en Gironde, dont une portée par les fondateurs d’iConcept. Le tribunal de Bordeaux a préféré celle de LDLC, limitée à trois magasins hors Gironde.

Illustration de boutiques informatiques

À Bègles et Biganos, onze emplois figuraient dans une offre de reprise de C&C France. À Pessac, les fondateurs d’iConcept proposaient de retrouver leur enseigne et de conserver trois salariés. Le tribunal de commerce de Bordeaux a écarté ces deux projets le 28 octobre 2026, au profit d’une troisième offre qui ne reprend aucun établissement girondin.

Le jugement, publié le 2 novembre, retient la société OLYS, appartenant au groupe LDLC, pour trois magasins : Toulouse Capitole, Toulouse Labège et Tours. Trente et un contrats de travail sont transférés. La liquidation de C&C France est prononcée et 164 licenciements sont autorisés, sans que cela signifie que toutes les ruptures ont déjà été effectuées.

Les fondateurs voulaient faire renaître iConcept

Pour Marc et Pascal Dutilleux, l’histoire avait commencé à Pessac en 1996. Leur entreprise iConcept était devenue un réseau de distribution de produits Apple avant son rachat par le groupe italien C&C en 2022.

Les deux frères sont revenus dans le dossier avec Vincent Simon. Leur projet prévoyait de recréer une société iConcept, domiciliée avenue de Canteranne à Pessac, et de reprendre cinq magasins, dont celui de Pessac. Huit contrats de travail étaient concernés, trois dans l’établissement pessacais.

Mais l’activité ne devait redémarrer qu’en février 2027, le temps notamment d’obtenir l’agrément d’Apple. Les candidats justifiaient de fonds propres disponibles, sans avoir fourni de plan de financement détaillé. Pour le tribunal, ce redémarrage différé et les incertitudes qui l’accompagnaient étaient incompatibles avec la situation de C&C France.

Une deuxième proposition, présentée par INTER-ACTIF, autre distributeur agréé Apple, allait beaucoup plus loin. Elle concernait onze établissements et 74 salariés, dont sept à Bègles et quatre à Biganos. Quatorze postes de reclassement supplémentaires étaient également envisagés.

Pourquoi l’offre prévoyant 74 emplois a été écartée

Le projet INTER-ACTIF présentait un avantage évident pour l’emploi. Son financement, reposant notamment sur des emprunts bancaires et de la trésorerie disponible, avait fait l’objet de clarifications jugées suffisantes.

C’est principalement sur le prix offert que la proposition a échoué.

INTER-ACTIF proposait 70 000 euros pour onze établissements, stocks compris. Le tribunal a estimé ce montant trop faible au regard de la valeur des fonds de commerce et des marchandises qui auraient pu être vendus lors de la liquidation. Cette sous-évaluation aurait réduit les sommes disponibles pour rembourser les créanciers.

OLYS proposait, pour un périmètre beaucoup plus restreint, 475 210 euros, déjà versés aux administrateurs judiciaires. Les trois magasins pouvaient poursuivre leur activité immédiatement. Le tribunal a retenu les garanties d’exécution de cette offre et sa meilleure valorisation des actifs, malgré le nombre beaucoup plus faible d’emplois conservés.

La représentante des salariés regrettait que le projet OLYS se limite à trois boutiques, tout en relayant des inquiétudes sur la pérennité des emplois dans le projet INTER-ACTIF.

Une reprise limitée aussi par la concurrence

OLYS avait initialement envisagé huit magasins. Mais l’importance du groupe LDLC nécessitait un examen par l’Autorité de la concurrence, dont le délai était incompatible avec celui de la procédure. Son offre a donc été ramenée à trois points de vente.

Le groupe a évoqué la possibilité de présenter une nouvelle proposition lors de la liquidation, sans engagement supplémentaire à ce stade.

Les quatre magasins girondins, à Pessac-Bersol, Bordeaux, Bègles et Biganos, dont l’avenir restait incertain en octobre, ne figurent pas dans la cession. À Pessac, les frères Dutilleux ne reprendront pas leur ancienne enseigne au 29, avenue de Canteranne, dans le cadre de cette opération.

Sources consultées
  1. Tribunal de commerce de Bordeaux, via SCP Silvestri-BaujetJugement du 28 octobre 2026 arrêtant le plan de cession et prononçant la liquidation judiciaire de C&C France, publié le 2 novembre 2026
  2. La Clé PubliqueC&C France à Pessac : la holding liquidée, une reprise possible pour l’ex-iConcept