
Six cas humains autochtones de West Nile ont été identifiés en Gironde au 30 septembre, selon Santé publique France. Ils étaient cinq une semaine plus tôt. Les communes concernées ne sont pas précisées.
« Autochtone » signifie que l’infection a été contractée localement. Mais ce nouveau bilan ne se lit pas comme celui du chikungunya, déjà largement présent en Gironde cet été.
Le chikungunya est transmis par des moustiques du genre Aedes, notamment le moustique tigre. Pour le virus West Nile, le principal vecteur est un moustique du genre Culex. Surtout, le virus circule d’abord entre oiseaux et moustiques. L’homme et le cheval peuvent être infectés, mais constituent des hôtes accidentels : ils n’ont généralement pas assez de virus dans le sang pour infecter à leur tour un moustique.
Cela change la manière de suivre les deux maladies. Lorsqu’un épisode autochtone de chikungunya est détecté, des opérations de démoustication et une recherche active de cas peuvent être organisées autour des lieux fréquentés par les personnes contaminées. Pour West Nile, le bulletin girondin du 2 octobre met notamment en avant la sécurisation des dons de sang, d’organes, de tissus et de cellules lorsqu’une circulation du virus est avérée.
Cette précaution tient à une voie de transmission rare mais possible par transfusion ou transplantation. Environ 80 % des personnes infectées par West Nile ne présentent pas ou peu de symptômes. Les formes neurologiques graves concernent moins de 1 % des infections, plus souvent chez les personnes âgées.
La surveillance ne s’arrête pas avec la fin de l’été. Les moustiques Culex restent actifs en France métropolitaine de juin à fin novembre. Santé publique France signale également des cas équins autochtones en Gironde.
Les six cas humains ne décrivent donc pas une chaîne de contamination entre Girondins. Ils attestent toutefois d’une circulation locale du virus dans le département.