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En Gironde, le millésime 2026 devient plus difficile à lire

Après cinq semaines de forte chaleur, les pluies inégales de la mi-août font diverger la maturation des raisins suivis par l’ISVV en Gironde.

Illustration - Raisins mûrissant sous la chaleur

Le millésime 2026 n’est plus seulement précoce en Gironde. Il devient aussi beaucoup plus difficile à lire. Les contrôles réalisés le 17 août sur les parcelles de référence de l’Institut des sciences de la vigne et du vin montrent que les raisins évoluent désormais très différemment selon l’eau reçue lors des orages de la mi-août.

Dans les secteurs restés secs, les baies continuent de se contracter sous l’effet de la chaleur. Leur poids et leur volume de jus ont baissé, jusqu’à 30 % sur certaines parcelles suivies. Cent baies de merlot y pèsent désormais moins de 100 grammes, celles de cabernet-sauvignon moins de 80 grammes. Cette perte d’eau concentre fortement les sucres, au point que certaines parcelles dépassent 15 % d’alcool potentiel.

Là où les orages ont apporté davantage d’eau, les baies ont au contraire légèrement regagné du volume. La maturation n’a pas ralenti pour autant. Entre le 3 et le 17 août, le merlot du réseau est passé en moyenne de 189 à 255 grammes de sucres par litre, tandis que l’acide malique chutait de 2,4 à 0,8 gramme par litre.

Ces chiffres compliquent la lecture du raisin à l’approche des vendanges : un raisin très riche en sucre n’est pas nécessairement arrivé au même stade pour tout le reste. Les équipes suivent aussi les arômes, la couleur et les composés des pellicules. Or ces maturités ont continué à progresser alors que le sucre s’accumulait très vite et que l’acidité reculait fortement.

Pour choisir la date de récolte, le degré alcoolique potentiel ne suffit donc pas à lui seul à juger de la maturité. Attendre peut permettre aux pellicules et aux composés phénoliques de poursuivre leur évolution, mais sur une parcelle sèche cela signifie aussi laisser des baies déjà petites continuer à perdre de l’eau et à se concentrer.

Le réseau bordelais permet de suivre précisément ces décalages. L’ISVV observe chaque année 14 parcelles de référence avec des analyses de sucre, d’acidité, de couleur et de maturité des pellicules. Le dispositif ne représente pas chaque vigne de Gironde, mais il permet de comparer les mêmes situations au fil du millésime et de repérer rapidement quand leurs trajectoires se séparent.

Début août, les premières vendanges de crémant confirmaient déjà l’avance exceptionnelle du millésime. Les mesures du 17 août ajoutent une difficulté nouvelle : la précocité ne suffit plus à résumer 2026. Après les fortes chaleurs et des pluies très localisées, les situations suivies peuvent afficher des teneurs en sucre élevées sans présenter le même équilibre ni le même stade de maturation.

Les prochains contrôles du réseau permettront surtout de mesurer jusqu’où ces trajectoires continuent de s’écarter avant les vendanges.

Sources consultées
  1. Institut des Sciences de la Vigne et du VinMillésime 2026 - des évolutions contrastées
  2. Bordeaux RaisinsIndice de maturité par parcelles, semaine du 17/08/2026
  3. Institut des Sciences de la Vigne et du VinLa lettre du millésime