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Après l’incendie de Saumos, les coupes sont simplifiées mais le chantier reste fragmenté

L’arrêté entré en vigueur le 6 août accélère l’abattage des arbres incendiés, une fois le feu éteint. Au Porge, 300 000 euros financeront les travaux urgents des communes.

Illustration - Pins brûlés après l’incendie de Saumos

Au dernier point opérationnel publié par la préfecture, mardi 4 août à 20 heures, plusieurs reprises de feu restaient sous surveillance dans la zone incendiée de Saumos. Le feu, déclaré fixé le 1er août, ne progressait plus, mais n’était pas encore définitivement éteint. Le ministère de l’Agriculture retient environ 39 800 hectares parcourus depuis le 22 juillet. Au 3 août, la préfecture recensait par ailleurs 240 familles privées de logement.

Ce jeudi 6 août ouvre néanmoins une nouvelle phase. Un arrêté publié au Journal officiel reconnaît le feu de Saumos comme un « sinistre de grande ampleur ». Une fois le feu définitivement éteint, les propriétaires forestiers privés pourront abattre les arbres endommagés sans notification préalable au Centre régional de la propriété forestière de Nouvelle-Aquitaine. L’arrêté raccourcit donc la procédure, pas l’accès aux secteurs encore dangereux.

Les premiers travaux ne consisteront pas à replanter, mais à enlever les pins brûlés ou fragilisés qui menacent de tomber sur une maison, une route ou une ligne électrique. Les restrictions d’accès, les consignes des autorités et les conditions de sécurité continuent de s’appliquer. Les habitants sinistrés peuvent retrouver les dispositifs d’accueil et les contacts actualisés dans la foire aux questions officielle de la préfecture.

En Gironde, cette opération ne peut pas être conduite comme un chantier forestier unique. La forêt couvre environ 520 000 hectares, soit la moitié du département, et 93 % de sa superficie appartient à des propriétaires privés. L’État peut alléger une formalité commune, mais chaque intervention dépend encore de la parcelle, de son propriétaire, de son accessibilité et du danger qu’elle présente.

Comme nous l’expliquions dans notre article sur le traitement des bois brûlés, parcelle par parcelle, cet éclatement foncier complique la sécurisation des lisières, des voies et des réseaux. La suppression de la notification au CNPF évite que chaque coupe urgente reste suspendue à une procédure préalable. Elle ne désigne cependant ni l’entreprise chargée des travaux, ni celui qui les commandera et les paiera dans chaque situation.

La préfecture a aussi installé un comité de pilotage réunissant les communes sinistrées, les collectivités et les services de l’État. Au Porge, une plateforme opérationnelle doit aider les communes à organiser les premières remises en état. L’État annonce parallèlement 300 000 euros pour leurs besoins les plus urgents. La communication officielle vise les collectivités : cette enveloppe n’est pas présentée comme une indemnisation directe des familles ou des propriétaires forestiers. Elle pourra être complétée à mesure que les besoins seront recensés.

L’arrêté permet aux propriétaires de couper plus vite. La plateforme et les 300 000 euros doivent aider les mairies à lancer les interventions qui ne peuvent attendre, notamment autour des équipements, des voiries et des réseaux. Aucun montant global n’est encore publié pour la reconstruction des logements, des infrastructures et des peuplements forestiers.

La cause exacte du départ de feu reste, elle aussi, à établir. La gendarmerie a indiqué à l’Agence France-Presse que la piste accidentelle était privilégiée dans l’enquête ouverte par le parquet de Bordeaux. Un prestataire d’Enedis effectuait une opération de débroussaillage près d’une ligne électrique à Saumos le 22 juillet. Enedis a confirmé cette intervention, tout en soulignant que l’origine de l’incendie n’était pas établie. Aucune responsabilité individuelle n’est établie à ce stade.

La prochaine étape consistera à dresser, commune par commune et parcelle par parcelle, la liste des travaux, des responsables et des financements. Au Porge, les 300 000 premiers euros sont destinés aux premières interventions urgentes. Ils ne disent pas encore comment seront financées la sécurisation des parcelles incendiées et la reconstitution des peuplements.

Sources consultées
  1. Préfecture de la GirondeIncendie de Saumos: point de situation ce mardi 4 août à 20h
  2. Ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaireIncendies en Gironde et dans les Landes : reconnaissance d’un sinistre de grande ampleur pour les forêts touchées
  3. LégifranceArrêté du 31 juillet 2026 portant reconnaissance de sinistre de grande ampleur concernant les feux de forêt dans les départements de Gironde et des Landes
  4. Préfecture de la GirondeLa préfète installe le comité de pilotage pour la reconstruction des territoires touchés
  5. Préfecture de la GirondeInstallation d'un Comité Local d'Aide aux Victimes (CLAV) dédié à l'accompagnement des victimes de l'incendie de Saumos dans la durée
  6. Le Parisien avec AFPIncendie en Gironde : un débroussaillage pour le compte d’Enedis pourrait être à l’origine du feu