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Après Saumos, le chantier des bois brûlés commence parcelle par parcelle

Dans une forêt girondine privée à près de 93 %, sécuriser les secteurs touchés par l’incendie suppose de coordonner propriétaires, coupes sanitaires et débouchés.

Pins brûlés près d’une route forestière

Sur les 42 000 hectares parcourus par l’incendie de Saumos, l’après-feu ne prendra pas la forme d’un chantier unique. Lundi 3 août, la préfète de Gironde a réuni les acteurs de la forêt et du bois pour organiser la sécurisation des secteurs touchés, mesurer les dégâts, repérer les arbres encore exploitables et, plus tard, préparer le reboisement.

Le travail commence alors que les habitants regagnent progressivement Le Porge et Lège-Cap-Ferret. Près des routes, des maisons et des lotissements, certains pins fragilisés devront être abattus pour éviter leur chute. Plus loin dans le massif, il faudra distinguer les arbres morts, ceux qui peuvent encore survivre et ceux dont l’état menace les peuplements voisins.

Le tri n’est pas seulement économique. Après les incendies girondins de 2022, le pôle Santé des forêts de la DRAAF avait observé des foyers de scolytes jusque hors des zones brûlées. Les retards d’exploitation et les piles de bois laissées trop longtemps en forêt avaient favorisé leur multiplication. La priorité sanitaire ne consiste d’ailleurs pas à couper indistinctement tous les arbres noircis : les scolytes recherchent surtout les pins encore partiellement verts mais affaiblis, où ils peuvent se reproduire avant de gagner des arbres sains.

Ces coupes se dérouleront en grande majorité sur des parcelles privées : près de 93 % de la forêt girondine appartient à des propriétaires privés. L’État peut coordonner la surveillance, préciser les règles de sécurité et réunir les professionnels. Mais l’accès à une parcelle, la vente des arbres, le choix d’une entreprise et l’évacuation du bois dépendent aussi des propriétaires et de leurs gestionnaires.

Le précédent de 2022 montre les difficultés qui apparaissent très vite. Le groupe opérationnel alors installé par la préfecture avait recensé les problèmes d’accès aux parcelles brûlées, de financement de leur exploitation et d’approvisionnement des industries régionales. Les mêmes questions reviennent après Saumos : couper assez vite pour sécuriser la forêt et limiter les parasites, sans envoyer au même moment davantage de bois que les entreprises, les camions et les sites de dépôt ne peuvent en absorber.

À ce stade, ni le coût de l’opération ni les capacités de stockage mobilisables ne sont chiffrés. L’ordre des interventions sera pourtant décisif. Sur une route, au bord d’un lotissement ou dans une lisière de Saumos, chaque intervention supposera de répondre à quatre questions : quel arbre présente un danger, à qui appartient la parcelle, quelle entreprise peut intervenir et où le bois pourra-t-il partir ?

Sources consultées
  1. Préfecture de la GirondeLa préfète réunit les acteurs de la filière forêt-bois pour préparer la forêt de demain
  2. Préfecture de la GirondeIncendie de Saumos: point de situation ce samedi 1er août à 20h
  3. Préfecture de la GirondeLa forêt en Gironde
  4. DRAAF Nouvelle-Aquitaine, pôle Santé des forêtsPoint de situation sanitaire des pins post-incendies
  5. Préfecture de la région Nouvelle-AquitaineSuites des incendies en Gironde: première réunion du groupe opérationnel forêt-bois