
Ce mardi 3 novembre, la police nationale est de nouveau autorisée à utiliser des drones autour des lycées de Caen, Hérouville-Saint-Clair et Mondeville, de 7 h à 19 h. Jusqu’à trois appareils peuvent être mobilisés simultanément. Des autorisations similaires avaient déjà été délivrées pour au moins sept journées d’octobre. Et les arrêtés montrent comment les zones surveillables ont changé au fil des mobilisations.
Le 1er octobre, la préfecture autorise trois caméras embarquées dans un rayon de 100 mètres autour des établissements concernés, notamment les lycées Malherbe, Fresnel, Victor-Hugo et Dumont-d’Urville-Laplace à Caen, Salvador-Allende à Hérouville-Saint-Clair et Jules-Verne à Mondeville.
Dès le lendemain, le rayon passe à 500 mètres. Le campus 1 de l’université de Caen s’ajoute aux lieux concernés. L’arrêté du 2 octobre invoque les débordements de la veille et le retour d’expérience de l’utilisation d’un drone pour justifier cette extension.
Le 8 octobre, nouveau changement : le rayon autour des établissements redescend à 300 mètres, mais deux secteurs supplémentaires apparaissent sur les cartes annexées, dans le centre-ville et autour de la gare de Caen. Cette organisation est reconduite les 12, 13, 14 et 15 octobre, avec une liste d’établissements progressivement élargie.
Des rassemblements qui débordent des lycées
Selon les arrêtés préfectoraux, les groupes formés devant les lycées peuvent se disperser, emprunter les rues voisines, puis converger vers d’autres établissements, le centre-ville ou la gare. Les périmètres autorisés tiennent compte de ces déplacements.
La préfecture recense 36 incendies au cours des premières journées de mobilisation, notamment des feux de poubelles et de palettes, ainsi que des jets de projectiles et des dégradations. Le 8 octobre, plusieurs feux allumés contre la façade du lycée Victor-Hugo avaient nécessité une évacuation. Ces incidents avaient déjà provoqué des fermetures et des interruptions de cours dans plusieurs lycées.
Les drones répondent aussi, selon la préfecture, à une faiblesse des moyens de surveillance existants. Des travaux de voirie ont rendu inopérantes de nombreuses caméras fixes à Caen. Les arrêtés mentionnent également les rues étroites du centre historique, les espaces ouverts autour de la Prairie et du campus 1, ainsi que les matériaux présents sur certains chantiers, susceptibles de servir à former des barricades.
La surveillance aérienne permettrait aux policiers de suivre les déplacements et de repérer plus tôt les départs de feu, sans dépendre uniquement des observations effectuées au sol.
Une autorisation à justifier chaque fois
La succession des arrêtés ne donne pas à la police un droit permanent de filmer les abords des lycées. L’article L. 242-5 du Code de la sécurité intérieure impose une autorisation motivée, limitée dans le temps et dans l’espace, proportionnée aux risques identifiés.
Les incidents recensés justifient, selon la préfecture, le recours à cette surveillance préventive. Mais chaque décision doit rester adaptée aux circonstances. Les rayons de 100, 500 puis 300 mètres ne correspondent pas à une extension continue : ils s’appliquent à des journées distinctes et, à partir du 8 octobre, à des zones complétées par des secteurs cartographiés.
Ces autorisations ne prouvent pas davantage que toutes les zones concernées ont effectivement été survolées.
Pour ce 3 novembre, la communication préfectorale confirme les trois communes, les horaires et le nombre maximal de drones, sans préciser les rues ni les établissements couverts par l’arrêté du jour. L’autorisation prend fin à 19 h. Toute nouvelle journée de surveillance devra faire l’objet d’une décision justifiant à nouveau les zones concernées autour des lycées caennais.
Sources consultées
- Préfet du CalvadosSécurisation des établissements scolaires, communication du 2 novembre 2026
- Préfecture du CalvadosArrêté CAB-BSI-2026-354, applicable le 1er octobre 2026
- Préfecture du CalvadosArrêté CAB-BSI-2026-356, applicable le 2 octobre 2026
- Préfecture du CalvadosArrêté 2026/SIDPC/MG/096, applicable le 8 octobre 2026
- Préfecture du CalvadosArrêté 2026/SIDPC/MG/098, applicable le 12 octobre 2026
- LégifranceCode de la sécurité intérieure, article L. 242-5