
Jeudi 17 septembre, la nouvelle stratégie de sécurité autour de la gare de Caen a pris une forme inhabituelle. Pendant près de deux heures, 41 agents et représentants de six services ont contrôlé en même temps la rue et plusieurs commerces du quartier. Deux restaurants ont été fermés en urgence et trois personnes interpellées.
L’opération ne reposait donc pas seulement sur davantage de policiers. Aux 20 policiers nationaux et 12 municipaux se sont ajoutés six douaniers, un agent des finances publiques, un représentant de l’hygiène municipale et un représentant du SDIS. Chaque service peut contrôler un aspect différent du même établissement : sécurité alimentaire, licence d’alcool, obligations commerciales et fiscales, marchandises, sécurité des locaux ou infractions pénales.
Cette coordination se voit dans les commerces contrôlés. Original Farmer a été fermé pour des manquements aux règles de sécurité alimentaire, notamment l’absence de traçabilité des aliments. Resto Div’ a également été fermé pour des manquements sanitaires et administratifs. Dans ce dernier établissement, les services ont aussi relevé des irrégularités de caisse et saisi plusieurs milliers d’euros de marchandises contrefaites. Les Douanes ont par ailleurs saisi plus de 6 kg de produits alimentaires contenant du CBD dans un autre commerce.
Dans la rue, 65 personnes ont été contrôlées et trois interpellées, dont deux placées en garde à vue. Mais ces chiffres ne sont qu’une partie du dispositif : l’objectif annoncé par la préfecture est aussi de faire intervenir plusieurs services sur les mêmes lieux et aux mêmes horaires.
C’était l’un des principes du renforcement décidé le 9 septembre autour de la gare. Le quartier avait enregistré 206 faits de délinquance entre janvier et le 26 août, contre 134 sur la même période en 2025. Les autorités ont choisi d’ajouter aux patrouilles des contrôles coordonnés des commerces et des transports, tandis que d’autres mesures portent sur la vidéoprotection, l’éclairage et, à plus long terme, l’aménagement du quartier.
Le 17 septembre fournit un premier test de ce dispositif. Il montre ce que plusieurs administrations peuvent détecter lorsqu’elles travaillent au même endroit, mais pas encore si cette coordination améliore durablement la situation. Les opérations interservices doivent être répétées et un premier bilan global est prévu six semaines après leur lancement. Il donnera un premier point de comparaison sur l’évolution de la délinquance et des interventions autour de la gare.