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Marseille : le préfet renonce à fermer les transports et autorise un cortège syndical

Après avoir annoncé l'arrêt des transports et l'interdiction des manifestations samedi 24 octobre, la préfecture revient sur deux mesures. Les informations de la RTM restent contradictoires.

Illustration - transports et manifestation à Marseille

À Marseille, la préfecture des Bouches-du-Rhône a renoncé vendredi matin à suspendre tous les transports en commun samedi 24 octobre. Quelques heures plus tard, le préfet Jacques Witkowski a également autorisé une manifestation syndicale, à 14 heures au départ des Réformés, malgré l’interdiction annoncée la veille.

Après les violences du 17 octobre, l’État avait annoncé des restrictions exceptionnelles pour prévenir de nouveaux débordements. Les objections de la présidente de la RTM et les négociations avec les syndicats ont conduit à revoir deux mesures en moins de vingt-quatre heures.

Les transports : une fermeture générale sans consensus

Jeudi 22 octobre, le communiqué préfectoral annonçait l’interruption des métros, tramways et bus de samedi 5 heures à dimanche 5 heures. La mesure devait aussi toucher les dessertes de zones commerciales périphériques et les liaisons entre Marseille, Aix-en-Provence et Salon-de-Provence.

Vendredi, peu avant 8 heures, la préfecture change de position. Elle explique que la proposition du préfet « n’a pas réuni le consensus nécessaire pour sa mise en œuvre ».

La veille, Samia Ghali, présidente de la Régie des transports métropolitains (RTM), avait vivement contesté cette fermeture décidée, selon elle, sans concertation préalable. Elle soulignait les difficultés qu’une journée sans transports poserait aux Marseillais devant travailler samedi.

Elle défendait une autre méthode, déjà employée le 17 octobre : interrompre les tramways exposés aux troubles tout en maintenant le métro. Selon elle, cette organisation avait permis d’éviter des dégâts sur le matériel roulant.

La préfecture annonce désormais une régulation de la circulation selon la situation sur le terrain, plutôt qu’une fermeture générale de vingt-quatre heures.

Mais les informations données aux voyageurs restent contradictoires. Vendredi après-midi, le site de la RTM affichait encore une alerte annonçant la suspension totale du réseau samedi. La Ville d’Aix-en-Provence indiquait toujours que les liaisons avec Marseille et Salon seraient interrompues. Ces deux annonces reprenaient donc les mesures de jeudi, sans mentionner leur remise en cause le lendemain.

L’abandon de la fermeture générale est confirmé par la préfecture, mais le fonctionnement précis des lignes, notamment interurbaines, reste à vérifier auprès des exploitants.

Aux Réformés, un parcours négocié avec les syndicats

Le second revirement concerne la liberté de manifester.

Jeudi, la préfecture avait annoncé une interdiction départementale des manifestations, déclarées ou non, pour samedi. Selon Le Monde, l’arrêté qui organise cette interdiction vise plus précisément les rassemblements revendicatifs dans les communes de plus de 10 000 habitants.

Vendredi, les représentants syndicaux ont obtenu une dérogation. La CGT, la FSU, Solidaires et l’UNSA ont participé aux échanges avec les autorités. Un parcours évitant les principales artères commerciales a été négocié, et les organisateurs se sont engagés à assurer un service d’ordre.

La FSU-SNUipp des Bouches-du-Rhône confirme que le défilé déclaré en préfecture est autorisé samedi à 14 heures, au départ des Réformés.

Les syndicats avaient parallèlement engagé un référé-liberté devant le tribunal administratif de Marseille, avec notamment la Ligue des droits de l’homme et des organisations de juristes, pour contester l’interdiction initiale.

La préfecture précise que ce cortège sera la seule manifestation autorisée samedi dans le département. La dérogation ne vaut donc pas levée générale des restrictions.

Les autres mesures de sécurité restent en vigueur. Le couvre-feu est notamment étendu aux majeurs dans certains secteurs de Marseille, de 23 heures à 5 heures, pour les nuits de samedi à dimanche et de dimanche à lundi.

Samedi, un cortège pourra donc partir des Réformés à 14 heures. À proximité, la circulation des métros, tramways et bus pourra être adaptée ou interrompue selon les circonstances, sans la fermeture générale de vingt-quatre heures initialement annoncée.

Sources consultées
  1. Préfecture des Bouches-du-RhôneSécurité publique : mesures prises par le préfet pour prévenir les troubles à l'ordre public, 22 octobre 2026
  2. Gomet'Urgent : les transports en commun finalement maintenus à Marseille samedi 24 octobre !
  3. Gomet'Marseille : le préfet autorise finalement par dérogation une manifestation syndicale
  4. FSU-SNUipp 13Manifestation intersyndicale et autorisée, 24 octobre
  5. Le MondeEN DIRECT, manifestations du 24 octobre : suivi des décisions préfectorales
  6. Régie des transports métropolitainsAlerte info trafic : suspension des transports du 24 au 25 octobre