
À Marseille, les transports en commun sont à l’arrêt depuis 15 h 25 ce samedi 17 octobre, sur décision du préfet des Bouches-du-Rhône. La Métropole Mobilité a confirmé la suspension générale du réseau dans une alerte actualisée à 15 h 29, après plusieurs heures de violences dans le centre-ville. L’interruption est annoncée jusqu’à 23 h 50, sans garantie de reprise à cette heure.
Bus, métro et tramway ne circulent plus, y compris dans les quartiers éloignés du Vieux-Port où se sont concentrés les principaux affrontements. Les cars interurbains desservant Marseille font également l’objet d’une interruption distincte, annoncée jusqu’au dimanche 18 octobre à 1 h 30. Les voyageurs peuvent suivre les éventuelles évolutions sur la page officielle des perturbations de La Métropole Mobilité. Les trains SNCF ne sont pas couverts par cette alerte : leur circulation doit être vérifiée séparément.
De neuf stations fermées à l’arrêt de tout le réseau
L’arrêt général marque une rupture avec les mesures prises plus tôt dans la journée. À 14 h 53, La Métropole Mobilité décrivait encore une organisation destinée à préserver des dessertes malgré les affrontements.
Neuf stations de métro du centre-ville avaient été fermées, notamment Vieux-Port, Noailles et Saint-Charles. La ligne 1 circulait encore sur deux tronçons séparés, tandis que la ligne 2 traversait les stations fermées sans s’y arrêter.
Les bus venant du nord étaient limités à Bougainville, ceux du sud au Rond-Point du Prado. Les cars interurbains avaient déjà perdu leurs terminus habituels, puis leurs points de rabattement provisoires, fermés à la demande de la police nationale.
Certaines dessertes restaient donc assurées hors du centre-ville. À 15 h 25, le préfet y a mis fin.
L’alerte officielle invoque « l’ampleur des manifestations ». Elle ne précise pas si l’arrêt général répond à des menaces directes contre les véhicules ou les personnels, à l’impossibilité de maintenir des dessertes sûres, ou à une décision préventive plus large.
La mairie forcée, des commerces pillés
La matinée avait commencé par plusieurs rassemblements, notamment au rond-point du Prado, à Castellane et aux Réformés. Selon Marsactu, l’essentiel de la mobilisation s’est ensuite concentré sur la Canebière et les rues adjacentes, où des barricades improvisées ont été dressées et des commerces pillés.
Des groupes ont attaqué les locaux de la police municipale sur la Canebière. Des protections ont été arrachées et des fumigènes lancés à l’intérieur. La préfecture de police a indiqué qu’une tentative d’incendie avait été empêchée.
Sur le Vieux-Port, plusieurs dizaines de manifestants ont forcé les portes de l’Hôtel de Ville à l’aide de barrières de sécurité, selon un journaliste de l’AFP présent sur place. Dans le hall, du mobilier a été renversé ou cassé, des inscriptions ont été peintes et un buste de Marianne jeté au sol. Les personnes entrées dans le bâtiment ont été dispersées par les forces de l’ordre.
Des CRS ont utilisé des gaz lacrymogènes après avoir été visés par des mortiers d’artifice. Marsactu a également observé des canons à eau positionnés sur le Vieux-Port, où le rassemblement prévu à 14 heures n’a pas pu se tenir.
Ces violences ne peuvent être attribuées à l’ensemble des manifestants mobilisés contre la vie chère.
Des violences anticipées dès vendredi
Le risque de dégradations avait été évoqué la veille. Vendredi 16 octobre, le préfet Jacques Witkowski avait alerté sur la possible présence de groupes organisés, en s’appuyant notamment sur des éléments issus des réseaux sociaux et du renseignement, selon Marsactu.
Après l’intrusion à la mairie, le maire Benoît Payan a affirmé sur BFMTV qu’une seule compagnie de CRS était présente le matin pour l’ensemble de Marseille. Il a annoncé avoir obtenu des renforts. Des journalistes de l’AFP ont ensuite constaté le déploiement de deux blindés Centaure de la gendarmerie dans le centre-ville.
Ces déclarations ne permettent pas, à elles seules, de juger le dispositif policier initial.
Pour Marseille, c’est la deuxième interruption générale du réseau en seize jours. Le 1er octobre, bus, métros et tramways avaient déjà été arrêtés après des violences autour des lycées, notamment dirigées contre des véhicules et des personnels. Ce samedi, la décision vient du préfet, face aux affrontements dans le centre-ville.
Les deux épisodes ont des causes immédiates différentes, mais aboutissent à la même conséquence pour les habitants : des violences localisées privent de transport des quartiers qui n’en sont pas directement le théâtre.
La reprise dépend désormais des prochaines consignes des autorités et des informations de La Métropole Mobilité. Elles détermineront quand les bus, métros et tramways pourront de nouveau desservir Marseille, du Vieux-Port aux quartiers périphériques.
Sources consultées
- La Métropole MobilitéMarseille, arrêt de tous les transports ; heurts manifestants centre-ville ; interruption réseau interurbain
- AFP, diffusée par BoursoramaÀ Marseille, des manifestants ont pénétré brièvement dans le hall de la mairie
- MarsactuUn 17 octobre marqué par des scènes d'émeutes dans le centre-ville de Marseille
- MarsactuManif du 17 octobre à Marseille : le préfet inquiet de la présence de « casseurs »
- La Clé PubliqueÀ Marseille, bus, métro et tram arrêtés jusqu’à la fin du service après les violences autour de lycées