
À Marseille, l’abonnement annuel adulte du réseau urbain passera de 480 à 548 euros le 1er novembre. Pour les seniors, le changement est plus radical : la gratuité accordée depuis septembre 2025 disparaîtra progressivement. À l’inverse, les jeunes boursiers pourront traverser la métropole pour 20 euros par an.
La nouvelle grille publiée le 16 octobre par la Métropole Aix-Marseille-Provence dessine un autre modèle : moins de gratuité accordée sur le seul critère de l’âge, davantage de réductions selon les ressources, et 21,6 millions d’euros de recettes nettes supplémentaires attendues chaque année à partir de 2028.
Une gratuité votée en 2025, abandonnée en 2026
En juin 2025, les élus métropolitains avaient voté à l’unanimité la gratuité des transports pour les moins de 11 ans et les plus de 65 ans. Quatorze mois après son entrée en vigueur, la mesure est remise en cause pour les seniors.
La Métropole recense 200 000 abonnés seniors. Désormais, les personnes de 65 ans et plus imposables bénéficieront d’un demi-tarif : 274 euros par an sur le réseau urbain marseillais, 155 euros dans le secteur d’Aix-en-Provence ou encore 130,50 euros à Salon-de-Provence.
Les seniors non imposables ou bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire sans participation financière auront, eux, accès à un abonnement annuel métropolitain de 20 euros.
La transition sera progressive. La RTM informera individuellement les détenteurs actuels d’un pass gratuit de la date à laquelle leur libre circulation prendra fin. L’extinction du dispositif s’étalera sur douze mois, selon la date initiale d’attribution.
La gratuité accordée sur le seul critère de l’âge disparaît donc pour les seniors. Les ressources déterminent désormais l’accès au forfait à 20 euros.
Des réductions spectaculaires, mais pas pour tout le monde
Les jeunes boursiers de 11 à 25 ans, les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire sans participation financière dans cette tranche d’âge et les allocataires de l’allocation aux adultes handicapés accéderont également à un abonnement annuel métropolitain de 20 euros. Pour ces derniers, les services de transport spécialisé à la demande restent exclus.
La Métropole cite le cas d’un étudiant boursier habitant Aubagne et étudiant à Aix : selon son abonnement actuel, sa dépense annuelle passerait de 210 ou 360 euros à 20 euros. Les étudiants non boursiers utilisant le Pass Métropole bénéficieront aussi d’une baisse, de 360 à 300 euros.
Les enfants de moins de 11 ans conservent leur gratuité.
Mais attention au calendrier : les réductions de 20 à 80 % fondées sur le quotient familial, annoncées pour les 26-64 ans, n’entreront en vigueur qu’en septembre 2027. En novembre, les dispositifs sociaux existants restent applicables. Les abonnés scolaires et étudiants déjà titulaires d’un forfait annuel et désormais éligibles aux 20 euros pourront demander un remboursement. La procédure n’est pas encore ouverte et ses modalités restent à préciser.
Pourquoi récupérer 21,6 millions d’euros ?
La Métropole justifie sa réforme par une hausse de 30 % des coûts d’exploitation en dix ans, sans revalorisation générale comparable des tarifs.
Les dépenses réelles d’exploitation des transports atteignaient environ 812 millions d’euros en 2025, selon les chiffres provisoires du rapport d’orientations budgétaires 2026. Les 21,6 millions supplémentaires attendus représentent donc moins de 3 % de cette dépense annuelle.
Ces recettes doivent aider à absorber les charges de fonctionnement des nouvelles infrastructures, notamment celles du programme Marseille en grand. Les dépenses d’exploitation augmentent à mesure que de nouvelles lignes entrent en service, indépendamment de leur coût de construction.
La Métropole distingue désormais trois niveaux tarifaires urbains, selon l’importance de l’offre de transport.
Sur le réseau urbain de Marseille et des communes voisines, l’abonnement annuel adulte atteint 548 euros. Il coûte 310 euros dans les secteurs d’Aix-en-Provence et de Vitrolles-Marignane, puis 261 euros à Salon-de-Provence, La Ciotat ou sur la Côte Bleue.
Le principe est de faire payer davantage sur les réseaux où les transports sont plus fréquents et diversifiés. Cette harmonisation efface certaines disparités historiques, mais elle fait aussi dépendre le prix du réseau emprunté et de son niveau de service, et pas seulement des revenus de l’usager.
Aubagne, l’exception qui résiste
Une partie de la métropole échappe encore à cette logique. À Aubagne et dans les communes voisines, les bus et le tramway du réseau local resteront gratuits après le 1er novembre.
La fin annoncée de la gratuité aubagnaise est différée, sans nouvelle échéance. Le vice-président métropolitain chargé des transports, Frédéric Vigouroux, a expliqué à Destimed les difficultés techniques d’installer une billetterie sur ce réseau gratuit depuis 2009.
La Métropole veut une grille commune, mais hérite de réseaux construits selon des choix locaux très différents. En novembre, l’abonnement annuel adulte coûtera donc 548 euros sur le réseau marseillais, tandis qu’à Aubagne, les bus et le tramway du réseau local resteront accessibles sans ticket.
Sources consultées
- Métropole Aix-Marseille-ProvenceDes tarifs plus justes pour accompagner les mobilités de demain
- La Métropole MobilitéUne nouvelle tarification plus juste, adaptée à votre âge et à vos revenus
- Régie des transports métropolitains01/11/2026 : nouvelle tarification adaptée à votre âge et à vos revenus
- Métropole Aix-Marseille-ProvenceLa Métropole accorde la gratuité des transports aux moins de 11 ans et aux 65 ans et plus
- Métropole Aix-Marseille-ProvenceRapport d'orientations budgétaires 2026
- DestimedTransports métropolitains. Les gagnants et les perdants de la nouvelle politique tarifaire