
L’épisode méditerranéen qui a touché le Sud-Est s’est terminé progressivement jeudi 1er octobre. À Arles, il avait eu des conséquences très concrètes la veille au soir. Maritima et Objectif Sud, tous deux citant les Pompiers13 ou le SDIS des Bouches-du-Rhône, rapportent près de 70 mm de pluie en une heure et demie, des automobilistes secourus après avoir été bloqués dans leur véhicule et plusieurs rues, habitations, commerces et parkings inondés.
Ces faits marquent une évolution par rapport à la veille, lorsque La Clé Publique suivait encore la vigilance pluie-inondation avant ses effets : le risque annoncé s’est matérialisé à Arles.
Dans une ville aussi associée au Rhône, ce point mérite d’être distingué. La Ville d’Arles sépare elle-même, dans sa présentation des risques, les « pluies méditerranéennes intenses » des inondations par voie fluviale. Ces dernières, dues notamment au Rhône et au canal du Vigueirat, constituent le risque d’inondation le plus fréquent sur la commune. C’est dans cette partie consacrée au risque fluvial que la Ville indique que 86 % du territoire communal se trouve en zone inondable, en grande partie protégée par des digues.
Ce chiffre de 86 % ne permet donc pas d’expliquer, à lui seul, pourquoi une rue ou un parking s’est rempli d’eau le 30 septembre. Les deux comptes rendus locaux ne mentionnent pas de débordement du Rhône. Ils décrivent des inondations apparues pendant une période de pluies particulièrement intenses.
Météo-France distingue précisément ces mécanismes. De fortes précipitations peuvent provoquer des débordements de cours d’eau, mais aussi des inondations par ruissellement. En zone urbaine, l’accumulation rapide d’eau peut saturer les réseaux d’évacuation pluviale ; l’eau emprunte alors les rues et gagne les points bas, notamment les parkings et sous-sols. Ce fonctionnement général correspond au type de dangers observés mercredi soir, sans permettre pour autant d’affirmer que le réseau pluvial d’Arles a défailli ou d’attribuer chaque inondation à un mécanisme précis.
L’échelle régionale permet aussi de ne pas surjouer l’événement arlésien. Météo-France qualifie l’épisode du 29 septembre au 1er octobre de remarquable, surtout par sa sévérité dans le Gard et l’Hérault, où certains cumuls ont dépassé 300 mm. Arles n’en était pas l’épicentre. Mais la quantité rapportée localement est tombée sur seulement 90 minutes, assez vite pour nécessiter des secours à des automobilistes et provoquer des entrées d’eau dans plusieurs types de bâtiments.
Samedi 3 octobre, les Bouches-du-Rhône sont de nouveau placées en vigilance jaune orages à partir de 6 h. La Ville d’Arles prévient que les conditions de circulation peuvent devenir difficiles, demande de ne pas emprunter les routes inondées et rappelle que caves et points bas peuvent se remplir très rapidement. Les habitants peuvent également s’inscrire gratuitement au système municipal d’alerte pour recevoir un SMS ou un message vocal en cas de risque.
L’épisode du 30 septembre ne permet pas de tirer un jugement sur les équipements d’assainissement d’Arles. Il manque pour cela une donnée essentielle : les rues, parkings et points bas effectivement touchés, et la façon dont l’eau y est arrivée puis évacuée. Pour Arles, le prochain bilan utile n’est donc pas seulement un nouveau total d’interventions. C’est la géographie précise de l’eau le soir du 30 septembre.
Sources consultées
- Météo-FranceL’épisode méditerranéen remarquable dans le Sud-Est prend fin ce jeudi
- Météo-FrancePluie-inondation : quels dangers et comment se protéger ?
- Ville d’ArlesRisque inondation
- Ville d’ArlesEtre alerté
- MaritimaVigilance pluie-inondation : des rues, des commerces et des habitations inondés à Arles
- Objectif SudARLES Des personnes secourues par les pompiers ce mercredi soir, des commerces inondés