
Le virus West Nile continue de circuler activement dans les Bouches-du-Rhône. Au 14 septembre, Santé publique France y recensait 18 cas humains et 70 cas équins. Ces deux chiffres décrivent le même épisode, mais jouent des rôles très différents dans sa surveillance.
Au 31 août, neuf cas humains étaient recensés dans le département. Le total a donc doublé en deux semaines et atteint déjà celui enregistré pendant toute l’année 2025. Au 14 septembre, aucun autre département français ne comptait davantage de cas humains dans le bilan national.
Ce doublement ne signifie pourtant pas que neuf personnes ont été contaminées en quinze jours. Les 18 malades ont commencé à présenter des symptômes entre le 25 juin et le 3 septembre. Le compteur progresse avec le diagnostic, le signalement puis la consolidation des cas, parfois plusieurs semaines après l’infection.
Les chevaux permettent de regarder la même circulation sous un autre angle. Soixante-dix cas équins avaient été confirmés dans les Bouches-du-Rhône, onze de plus qu’au bilan précédent. Ils ne transmettent pas le virus aux humains. Comme nous, les chevaux sont des hôtes accidentels : le virus circule surtout entre les oiseaux et les moustiques du genre Culex.
Leur nombre constitue néanmoins un précieux indicateur. C’est l’accumulation des signaux humains et animaux qui permet à Santé publique France de parler de circulation active dans le département.
West Nile est ainsi surveillé par un système assez différent de celui devenu familier avec la dengue ou le chikungunya. La surveillance croise quatre volets : cas humains, chevaux, oiseaux et moustiques. Chez l’homme, les infections biologiquement documentées sont à déclaration obligatoire et la surveillance est renforcée du 1er mai au 30 novembre.
La différence tient au cycle du virus. Une personne infectée par West Nile ne contient généralement pas assez de virus dans son sang pour contaminer un moustique qui la piquerait ensuite. Détecter un malade ne conduit donc pas à rechercher autour de lui toute une chaîne locale de transmission comme pour la dengue.
Cette surveillance sert notamment à repérer assez tôt la circulation du virus pour sécuriser les dons de sang, d’organes, de tissus et de cellules. Les chevaux constituent ainsi, avec les oiseaux et les moustiques, l’un des volets qui permettent aussi de protéger la santé humaine.
Santé publique France recensait 92 cas autochtones de West Nile en France hexagonale au 14 septembre. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, 39 cas humains étaient recensés, dont 18 dans les Bouches-du-Rhône. Le bulletin régional signale aussi 16 hospitalisations et 11 formes neuro-invasives, sans permettre de les attribuer précisément au département.
Pour les Bouches-du-Rhône, l’information importante n’est donc pas seulement que le compteur humain est passé de neuf à 18. Avec 70 chevaux touchés et des cas humains apparus depuis la fin juin, les différents volets de la surveillance convergent désormais : le virus circule durablement dans le département, et la surveillance renforcée se poursuit jusqu’au 30 novembre.
Sources consultées
- Santé publique FranceSurveillance sanitaire en PACA. Bulletin du 17 septembre 2026
- Santé publique FranceChikungunya, dengue, Zika et West Nile en France hexagonale. Bulletin de la surveillance renforcée du 16 septembre 2026
- Santé publique FranceChikungunya, dengue, Zika, West-Nile en Paca. Bilan 2025
- Santé publique FranceWest Nile virus : la maladie