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À Arles, près de deux siècles de photos racontent une ville qui n’a cessé de se regarder

Plus de 200 photos d’Arles depuis 1845 sont réunies en ligne, tandis qu’un parcours replace des vues anciennes dans la ville. Le bicentenaire révèle une mémoire locale hors norme.

Illustration - Arles et ses photographies anciennes

En 1845, l’amphithéâtre d’Arles venait à peine d’être débarrassé des 212 maisons construites à l’intérieur et contre sa façade. Les plus anciennes photographies réunies pour le bicentenaire datent de cette époque. Ce week-end, au Théâtre antique, l’objectif se tourne vers les Arlésiens d’aujourd’hui : familles, commerçants, gardians, infirmiers, artisans, associations ou équipes sportives sont invités à poser avec une tenue, un outil ou un objet qui les représente.

Le bicentenaire lancé le 18 septembre ne se résume donc pas à commémorer l’invention de la photographie. Arles remet en circulation sa propre mémoire visuelle. Plus de 200 images de la commune, de 1845 à nos jours, sont désormais rassemblées en ligne. Avec « Arles in situ », des vues anciennes prises entre 1845 et 1945 retrouvent aussi les lieux qu’elles représentent : amphithéâtre, Théâtre antique, cloître Saint-Trophime, Cryptoportiques, Alyscamps ou thermes de Constantin. Le parcours gagnera le centre-ville à la mi-octobre, puis les quartiers et les villages en 2027.

La médiathèque montre jusqu’au 3 octobre des clichés originaux du XIXe siècle et un diaporama de près de 70 images de ses collections. Aux Archives municipales, une autre exposition raconte plutôt la ville au moment où apparaît la photographie, à travers ses documents : dégagement de l’amphithéâtre, ouverture du musée lapidaire, école municipale de dessin ou canal d’Arles à Bouc.

Arles conserve surtout une masse d’images de la vie quotidienne, bien au-delà de ses monuments. En 2025, les Archives municipales ont reçu le fonds du photographe Charles Farine, soit environ un million de clichés accumulés en près de cinquante ans. On y retrouve les rentrées scolaires, mariages, fêtes votives, courses camarguaises, matchs de football, campagnes politiques et rues de la ville. Sur 450 000 négatifs, auxquels s’ajoutent des milliers de rouleaux et de diapositives, se dessine une histoire d’Arles vécue à hauteur d’habitant.

Cette profondeur explique ce que le bicentenaire peut avoir ici de particulier. Le musée Réattu a commencé dès 1965 à inscrire la photographie dans ses inventaires. Les Rencontres ont été fondées en 1970, puis l’École nationale supérieure de la photographie s’est installée à Arles en 1982. La ville accueille donc aujourd’hui à la fois des collections, un festival international, une école nationale et des archives considérables. Le programme municipal se distingue ainsi du Septembre des Rencontres actuellement en cours : son sujet est moins la photographie exposée à Arles qu’Arles elle-même photographiée depuis près de deux siècles.

Et l’archive continue de se fabriquer. Pour le projet « Prendre la Pose », Jonathan Pierredon photographie ce samedi 19 et dimanche 20 septembre les habitants au Théâtre antique. Un fil rouge passe d’un portrait au suivant. Les photos réalisées ce week-end seront ensuite disponibles gratuitement au téléchargement. Au Théâtre antique, le bicentenaire commence ainsi en ajoutant aux images anciennes les visages d’Arles aujourd’hui.

Sources consultées
  1. Ville d’ArlesArles, Bicentenaire de la photographie : patrimoine et territoire
  2. Ville d’ArlesArles in situ, parcours photographique
  3. Ville d’ArlesStudio photo au cœur des monuments
  4. Ville d’ArlesLes Monuments d’Arles dans l’œil des premiers photographes
  5. Ville d’ArlesUn million de photos de Charles Farine entrent aux archives de la Ville