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À Fos-Berre, la nouvelle vague industrielle oblige à revoir le thermomètre de l’air

En 2025, le réseau comptait onze stations permanentes, mais le seul suivi réglementaire ne répond pas à tous les besoins du bassin industriel de Fos-Berre.

Autour de Fos et de l’étang de Berre, de nouveaux projets industriels se préparent, dont Mistral, la future aciérie électrique de Marcegaglia. Pour pouvoir mesurer demain ce qu’ils auront changé dans l’air respiré, il faut disposer aujourd’hui d’un état de départ suffisamment précis. Le programme Fos-Berre pour 2026-2030 inscrit désormais noir sur blanc deux objectifs : actualiser la connaissance des effets combinés des projets et « moderniser » le dispositif de surveillance de l’air.

Le réseau comptait onze stations permanentes d’AtmoSud en 2025 à Fos-sur-Mer, Port-de-Bouc, Martigues, Sausset-les-Pins, Marignane, Rognac et Berre-l’Étang. Trois autres avaient été fermées. Le dispositif RÉPONSES précise que les stations réglementaires ont toutes été conservées et que les moyens ont été réorientés vers les secteurs et les polluants les plus intéressants, notamment les particules ultrafines et certains composés organiques volatils.

Cette évolution explique pourquoi compter les stations donne une image incomplète du système. SCENARII-2, publiée en février, a étudié trente polluants sur 66 communes. Les concentrations ont globalement diminué ou se sont stabilisées depuis la première étude, mais l’évaluation relève toujours un excès de risque cumulé, principalement lié à des substances cancérogènes, mutagènes ou reprotoxiques. Quatre polluants principalement issus des activités industrielles y contribuent fortement : oxyde d’éthylène, 1,2-dichloroéthane, cobalt et chlorure de vinyle monomère. Leur suivi demande des mesures plus spécialisées que celui des seuls polluants réglementaires classiques.

L’État l’a admis après le grand débat Fos-Berre : le réseau « purement réglementaire » d’AtmoSud n’est pas dimensionné pour répondre à toutes les attentes d’un territoire industriel de cette nature. Sa réponse prévoit de combiner les sites de référence avec des microcapteurs exploités par AtmoSud, des collectivités ou des associations, ainsi qu’avec certains équipements des industriels. L’objectif est aussi de distinguer les différents types d’émissions dans l’analyse des effets cumulés.

Aucun budget propre ni calendrier précis n’est encore publié pour cette modernisation. Le projet partenarial d’aménagement rassemble 679,5 millions d’euros d’actions jusqu’en 2030, mais ce montant concerne l’ensemble du programme Fos-Berre, pas spécifiquement la surveillance de l’air.

Il faudra aussi trouver qui paie. L’État relève que les dons de taxe générale sur les activités polluantes versés à AtmoSud diminuent à mesure que les émissions industrielles baissent, et prévoit que cette ressource continuera de se contracter avec la décarbonation. Cela crée un paradoxe de financement : la transformation industrielle doit réduire certaines émissions, tout en augmentant le besoin de mesures fines pour vérifier ce qui s’améliore, ce qui apparaît et ce qui se cumule.

À Fos, Port-de-Bouc ou Martigues, la modernisation promise se jugera donc moins au nombre de cabines qu’à une capacité simple : pouvoir dire, projet par projet et année après année, ce qui a réellement changé dans l’air.

Sources consultées
  1. Métropole Aix-Marseille-ProvenceContrat de projet partenarial d’aménagement du Golfe de Fos – Étang de Berre (2026-2030)
  2. Préfecture de région Provence-Alpes-Côte d’AzurRapport de l’État à l’issue du débat public global Fos-Berre-Provence
  3. AtmoSudSCENARII-2 : évaluation du risque sanitaire lié à la pollution de l’air sur la zone de l’Étang de Berre
  4. SPPPI PACA, dispositif RÉPONSESMesures de la qualité de l’air en continu dans les quartiers les plus affectés