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À Fos, Mistral veut produire l’acier plat au four électrique

La consultation du projet Mistral s’ouvre le 20 août. Marcegaglia prévoit 1,2 milliard d’euros pour transformer l’ancienne usine Ascometal en site de production de bobines d’acier.

Illustration - Projet d’aciérie électrique à Fos

À Fos-sur-Mer, Marcegaglia veut faire changer d’échelle l’ancienne aciérie Ascometal. Le groupe prévoit de maintenir sa production historique d’aciers spéciaux et de lui ajouter une nouvelle aciérie ainsi qu’un laminoir à chaud. Les demandes d’autorisation environnementale et de permis de construire seront soumises au public du 20 août au 20 novembre à Fos-sur-Mer et Port-Saint-Louis-du-Rhône.

Pendant ces trois mois, les habitants pourront consulter le dossier et déposer leurs observations sur le registre officiel. Une première réunion publique est prévue le 3 septembre, de 17 h 30 à 19 h 30, à la Maison de la Mer et du Sport de Fos-sur-Mer.

Le site actuel sait déjà fondre de l’acier dans un four électrique, à partir notamment de ferrailles recyclées. Il fabrique des aciers spéciaux, tandis que la nouvelle unité serait consacrée aux aciers plats standards. L’acier liquide serait coulé en grandes plaques épaisses, les brames, puis passé dans un laminoir pour devenir des bobines utilisées dans l’industrie. Mistral ne repose donc pas sur un procédé inédit. Il réunirait sur un même site portuaire une chaîne de production beaucoup plus vaste, de la préparation des matières à la bobine d’acier.

L’échelle visée explique l’intérêt du projet. Le contrat conclu en avril avec l’équipementier Danieli porte sur environ 450 millions d’euros. Marcegaglia annonce une capacité supérieure à deux millions de tonnes d’acier liquide par an et un laminoir pouvant traiter jusqu’à trois millions de tonnes de bobines en acier au carbone ou inoxydable. Cette production couvrirait environ 35 % des besoins du groupe en bobines et en brames, principalement pour alimenter ses usines italiennes. Fos fournirait ainsi directement en acier une partie des sites de transformation de Marcegaglia.

La difficulté tient moins à l’invention qu’à la combinaison de toutes ces opérations à grande échelle. La ferraille et le fer préréduit doivent arriver en quantité et avec une composition assez régulière pour garantir les différentes nuances d’acier. Il faut aussi une alimentation électrique abondante et des capacités logistiques adaptées aux matières premières comme aux produits finis. Implantée dans la zone industrialo-portuaire, près du quai minéralier, l’usine dispose d’un accès direct aux flux maritimes nécessaires à ce type de production.

Le montant annoncé a lui aussi augmenté. Le dossier de Choose France publié en juin évalue désormais l’investissement total à environ 1,2 milliard d’euros, soit deux fois l’engagement présenté lors de la reprise d’Ascometal en 2024. La décision finale d’investissement reste attendue d’ici à la fin de 2026, après les autorisations et la finalisation des discussions avec les pouvoirs publics. Le contrat d’équipement avec Danieli est signé, mais la décision de construire reste à prendre.

L’étude d’impact actualisée, qui doit préciser les besoins en eau et en énergie, les rejets et les nouveaux trafics, n’est pas encore accessible sur le registre. À partir du 20 août, ses chiffres donneront la mesure précise du projet, avant la première réunion publique du 3 septembre à Fos-sur-Mer.

Sources consultées
  1. Préfecture des Bouches-du-RhôneAvis de consultation du public concernant le projet Mistral
  2. Registre DématérialiséPrésentation de la consultation du projet Mistral
  3. Marcegaglia Fos-sur-MerDébat public, projet Mistral : réponse et enseignements de la maîtrise d’ouvrage
  4. Marcegaglia Fos-sur-MerLe contrat pour le site de Fos-sur-Mer attribué à Danieli
  5. Présidence de la RépubliqueDossier de presse du sommet Choose France 2026