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À Pégomas, l’eau de pluie entre dans les règles d’urbanisme

Jusqu’au 22 mai, l’enquête publique sur le zonage pluvial de Pégomas peut peser sur les projets de construction ou d’aménagement.

Illustration - Pluie et urbanisme à Pégomas

À Pégomas, une allée bétonnée, une terrasse agrandie ou un jardin qui descend vers la route ne sont pas seulement des détails de maison. Quand la pluie tombe fort, chaque surface qui laisse moins passer l’eau peut accélérer le ruissellement vers un fossé, un réseau, un vallon ou une rue déjà exposée.

C’est ce que vient rappeler l’enquête publique ouverte jusqu’au vendredi 22 mai 2026 sur le zonage d’assainissement des eaux pluviales de la commune. Le titre est technique. Ses effets peuvent être très concrets.

Un zonage pluvial sert à dire où et comment l’eau de pluie doit être mieux retenue, ralentie ou évacuée. Il peut encadrer l’imperméabilisation des sols, les rejets dans les réseaux, ou les aménagements nécessaires pour éviter qu’un terrain ne renvoie trop vite l’eau ailleurs. Dans une commune concernée par le risque d’inondation, ce n’est pas un sujet de spécialistes: c’est une manière de faire entrer la prévention dans les gestes ordinaires de l’urbanisme.

Le point important: le dossier de Pégomas n’est pas seulement consultatif au sens vague du terme. L’arrêté d’ouverture indique que le zonage, une fois approuvé, sera opposable aux autorisations d’urbanisme et intégré au plan local d’urbanisme de la commune, aujourd’hui en révision. Autrement dit, il pourra compter au moment d’examiner un projet de construction, d’extension ou d’aménagement.

Pour les habitants, l’enquête publique est donc moins abstraite qu’elle en a l’air. Elle peut concerner la façon dont une parcelle absorbe l’eau, la place laissée aux surfaces perméables, les précautions à prendre avant des travaux, ou la cohérence entre les projets privés et la sécurité collective. La prévention des crues ne se joue pas seulement au bord des cours d’eau. Elle commence aussi là où l’on décide si un sol respire encore un peu.

Le dossier est consultable à la mairie de Pégomas, avenue de Grasse, pendant les horaires d’ouverture. Les observations peuvent être inscrites sur le registre, adressées à la Communauté d’agglomération du Pays de Grasse ou envoyées par courriel à zonage.pegomas@paysdegrasse.fr. Une dernière permanence du commissaire enquêteur est prévue le vendredi 22 mai, de 8h30 à 12h et de 13h30 à 16h30.

Dans les Alpes-Maritimes, l’eau est souvent racontée à travers des images plus visibles: une digue, une alerte, une rivière sous surveillance, un chantier de protection. Pégomas montre un autre niveau d’action, plus discret mais décisif: la règle qui arrive avant le coup de pelle, au moment où l’on prépare un permis, une extension, un accès ou une cour.

C’est moins spectaculaire qu’une caméra sur un cours d’eau ou qu’un ouvrage de protection. Mais c’est précisément pour cela que l’enquête mérite d’être regardée maintenant. Une commune ne maîtrise pas les pluies méditerranéennes. Elle peut en revanche éviter, parcelle après parcelle, de leur dérouler le tapis gris.