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À Nice, une association veut tester une caisse alimentaire citoyenne

Lou Pignatoun Solidaire veut promouvoir une caisse alimentaire citoyenne à Nice, autour du choix alimentaire et de l’accès digne à l’alimentation.

Marché alimentaire à Nice

À Nice, l’alimentation se joue parfois à quelques euros près: un panier réduit, un produit frais reposé, un marché évité en fin de mois. C’est dans cet espace très concret, entre budget serré et envie de choisir ce que l’on mange, qu’une nouvelle association veut ouvrir une piste.

Lou Pignatoun Solidaire a été déclarée à Nice sous un nom plus programmatique: « Vers une sécurité sociale de l’alimentation à Nice et alentours ». D’après son objet publié au Journal officiel des associations, elle veut promouvoir une expérimentation locale permettant un « accès digne et durable à une alimentation choisie » et mettre en œuvre une caisse alimentaire citoyenne.

Le mot peut sonner grand. L’idée, elle, se comprend assez vite. Dans les expériences déjà lancées ailleurs en France, des habitants cotisent selon leurs moyens, reçoivent ensuite un même budget alimentaire et peuvent le dépenser dans des lieux choisis collectivement: commerces, producteurs, marchés ou points de vente partenaires. Ce n’est donc pas seulement une aide pour manger. C’est aussi une manière de décider quels aliments deviennent accessibles, chez qui l’argent circule et qui participe aux règles du jeu.

À Nice, cette distinction a du relief. La ville n’est pas dépourvue d’aide alimentaire. La Banque alimentaire des Alpes-Maritimes indique accompagner 35 000 personnes, avec 84 associations et centres communaux d’action sociale partenaires. La Ville dispose aussi d’une épicerie sociale et solidaire, Les Saveurs Solidaires, destinée aux personnes orientées par les services sociaux ou des associations.

Mais l’existence de ces dispositifs ne ferme pas la question. Elle la précise. L’urgence alimentaire répond à une difficulté immédiate. Une caisse alimentaire, si elle voyait réellement le jour, chercherait autre chose: donner une marge de choix régulière, dans un territoire où l’Insee situe le taux de pauvreté de Nice à 23 % en 2023.

Tout reste à vérifier pour Lou Pignatoun Solidaire: les personnes qui portent le projet, le calendrier, les premiers partenaires, le montant possible de la caisse, les commerces ou producteurs qui pourraient accepter le dispositif. C’est la limite du sujet, mais aussi son intérêt. La création de l’association ne prouve pas qu’une sécurité sociale de l’alimentation arrive à Nice. Elle montre qu’une partie du débat alimentaire local se déplace: après le colis, l’épicerie sociale ou le circuit court, vient la question du pouvoir de choisir.