Un an de formation, 504 heures de cours, une semaine au lycée toutes les trois semaines, le reste en entreprise. La nouvelle certification ouverte au lycée Bristol de Cannes a le mérite d’annoncer clairement sa couleur: elle vise des profils déjà proches de l’audiovisuel et veut les former à tenir un projet de bout en bout.
La Ville de Cannes a annoncé l’ouverture des recrutements pour cette certification professionnelle de chef de projets audiovisuels, proposée au campus Bristol. L’établissement avait déjà un BTS Communication en alternance, en partenariat avec le CFA académique de Nice. Cette fois, il ajoute un parcours de niveau Bac+3, inscrit au Répertoire national des certifications professionnelles, avec des candidatures hors Parcoursup.
Le détail est utile pour les familles comme pour les étudiants. La formation 2026-2027 est prévue de septembre à août. Elle s’adresse surtout à des titulaires d’un Bac+2 dans l’audiovisuel, le cinéma ou un domaine voisin, ou à des profils Bac+3 en information ou communication. Des admissions sur dossier sont également possibles. Le réseau ForPro-Paca annonce un effectif de dix personnes, ce qui en fait une formation courte, ciblée, et non une grande filière de masse.
Le métier visé n’est pas celui qui prend toute la lumière. Un chef de projets audiovisuels doit comprendre une demande, préparer un budget, organiser une équipe, suivre un planning, coordonner un tournage, accompagner la post-production et penser la diffusion. Dans une agence, une société de production, une collectivité, un événement ou une marque, c’est souvent lui qui évite qu’une bonne idée reste coincée entre trois mails, deux devis et un calendrier impossible.
La formation dépasse donc la simple annonce scolaire. Cannes connaît déjà la partie visible de l’image: le Festival, les marchés professionnels, les avant-premières, les grands rendez-vous. Mais une économie locale de l’audiovisuel se joue aussi ailleurs, dans les métiers qui produisent des vidéos institutionnelles, des contenus numériques, des captations, des films courts, des campagnes de communication ou des formats pour les réseaux sociaux.
Le Bristol s’insère dans un paysage cannois qui s’est étoffé ces dernières années autour de Bastide Rouge, du campus Georges-Méliès et de la stratégie Cannes On Air. Ces noms peuvent vite devenir une brochure. Leur intérêt, ici, est plus simple: ils montrent que Cannes essaie de construire une continuité entre formation, entreprises, lieux de production et premiers emplois, au lieu de laisser son image internationale vivre à côté du territoire.
La promesse devra se vérifier dans les faits. Il faudra regarder quelles entreprises accueilleront les alternants, quelles missions leur seront confiées, et combien trouveront ensuite leur place dans le bassin cannois ou azuréen. Mais l’ouverture du Bristol va dans le bon sens: pour que Cannes soit une ville d’image toute l’année, il ne suffit pas d’avoir des écrans, des studios et des festivals. Il faut aussi des jeunes capables de faire avancer les projets entre deux grands rendez-vous.