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À Nice, 2 h 30 pour convaincre un jury en cuisine

Le Concours Jeunes Talents fera étape à Nice le 5 octobre, avec une épreuve destinée aux cuisiniers de moins de 26 ans.

Jeune cuisinier en concours

Au lycée hôtelier Jeanne et Paul Augier, à Nice, la promesse tient dans un format très simple: 2 h 30, un panier imposé, un jury, et une assiette à sortir sans se perdre. Le 5 octobre 2026, l’étape niçoise du Concours Jeunes Talents demandera à de jeunes cuisiniers de travailler autour de joues de porc, de lentilles vertes du Puy et de céleri-rave, avec une attention particulière portée au gaspillage.

Le concours, relayé par la CCI Nice Côte d’Azur, revient pour une 16e édition. Il ne vise pas les créateurs d’entreprise au sens large, mais un public beaucoup plus précis: des étudiants ou jeunes professionnels de cuisine de moins de 26 ans, en formation ou déjà en poste, capables de défendre une cuisine faite maison, sous contrainte de temps.

C’est ce resserrement qui rend l’information utile. L’inscription est gratuite, mais elle ne se limite pas à remplir un formulaire. Les candidats doivent fournir une pièce d’identité, une lettre de motivation, une fiche technique de recette et, pour ceux qui travaillent déjà, un contrat de travail. Un chèque de caution de 100 euros est aussi demandé, débité seulement en cas d’absence non justifiée. La finale nationale est annoncée le 30 novembre à Saint-Étienne.

Pour un jeune cuisinier azuréen, l’intérêt n’est pas seulement le prix éventuel. Dans la restauration, être repéré tôt peut compter autant qu’une ligne de plus sur un CV. Un concours donne une scène, un jury, un prétexte pour montrer une méthode. Dans les Alpes-Maritimes, où l’hôtellerie-restauration pèse fortement dans les recrutements, ce type de visibilité n’est pas anecdotique. France Travail recense 44 250 projets de recrutement dans le département en 2026, où les métiers de cuisine, de service et d’hôtellerie restent très recherchés.

La contrainte anti-gaspillage a aussi son intérêt pratique. Depuis 2024, le tri à la source des biodéchets concerne aussi les professionnels. Pour un jeune candidat, savoir tirer parti d’un produit, limiter les pertes et l’expliquer proprement fait désormais partie du métier, au même titre que la cuisson ou le dressage.

Ce rendez-vous n’a donc pas le même usage que les grands moments de réseau économique déjà signalés dans le département, comme les rencontres business du printemps. Il ne promet pas à tous les porteurs de projet une porte d’entrée dans l’écosystème local. Il propose quelque chose de plus étroit, et peut-être plus net: une épreuve pour jeunes cuisiniers qui veulent être vus.

La bonne question, pour un candidat, est assez directe: ai-je une recette solide, une motivation claire et l’envie de me mesurer à un jury? Si oui, le dossier mérite d’être regardé maintenant. Le concours ne remplace ni une formation ni un emploi. Il offre une scène, un chronomètre et une occasion de montrer ce que l’on sait déjà faire.