Dans les Alpes-Maritimes, la silver économie n’est pas un thème de salon. C’est un marché déjà installé. Le département compte 1 154 619 habitants au 1er janvier 2026, dont 32,6 % ont 60 ans ou plus et 14,4 % ont 75 ans ou plus. La filière locale revendique déjà 560 établissements et une progression de 11 % en dix ans.
La CCI Nice Côte d’Azur veut capter cette demande avec deux rendez-vous. Le premier est immédiat: dix start-up seront sélectionnées pour la Rencontre Silver Eco 2026, organisée le 2 juin à Nice. L’appel vise des entreprises immatriculées en Région Sud, avec un produit, un service ou une solution pour le bien-vieillir, capable d’être présenté en démonstration. Les candidatures ferment le 27 avril, la sélection est prévue le 28 avril et l’annonce des retenues le 29 avril.
Les critères disent déjà ce que le marché attend. La CCI évaluera l’adéquation au besoin, la capacité à montrer une démonstration ou une preuve de concept, les premières références et le potentiel de développement. Les dix retenus auront un espace d’exposition gratuit, un accès à un public de seniors et de professionnels, de la visibilité, et un atelier sur la stratégie commerciale, le modèle économique et la mise en conformité. Ce n’est pas une subvention. C’est plus simple: une rampe d’essai.
Le sujet dépasse l’événement. En 2021, 11,5 % des seniors des Alpes-Maritimes étaient en perte d’autonomie, dans un département où 41 % des plus de 60 ans avaient déjà 75 ans ou plus. Le besoin touche le maintien à domicile, les parcours de soin, l’aide aux familles, les établissements, les services à la personne, la mobilité et l’adaptation du logement.
C’est là que les start-up peuvent être utiles, à condition de viser des problèmes précis. Une bonne solution de silver économie ne se contente pas d’ajouter un objet connecté à une table de nuit. Elle simplifie une tâche: mieux coordonner une aide à domicile, détecter une fragilité sans surveiller en permanence, sécuriser une salle de bains, rendre un trajet moins compliqué, aider un proche à suivre une situation, ou faire gagner du temps à un établissement sans dégrader l’accompagnement.
La France pousse dans le même sens. En 2021, plus de deux millions de personnes âgées étaient déjà en perte d’autonomie. L’Insee projette un maximum autour de 2,8 millions au début des années 2050. La question n’est donc pas seulement de vivre plus longtemps. Elle est de faire tenir les services, les familles et les professionnels autour d’un nombre croissant de personnes à accompagner.
La technologie ne réglera pas tout, mais elle peut simplifier des tâches là où le système bloque. Encore faut-il vendre au bon interlocuteur. Dans ce secteur, le client peut être une famille, une résidence autonomie, un service d’aide à domicile, une mutuelle, un hôpital, une commune ou un département. Le cycle de vente est rarement celui d’une application grand public. Il faut prouver l’usage, rassurer, former, intégrer, parfois se conformer à des règles de santé ou de données personnelles. La confiance fait partie du produit.
Le deuxième rendez-vous donnera plus de visibilité aux projets déjà solides. Le Festival SilverEco revient les 14 et 15 septembre 2026 au Palais des Festivals de Cannes, pour sa 18e édition, avec start-up, entreprises, collectivités, institutions, professionnels de la transition démographique, acheteurs et invités internationaux. La CCI propose aux entreprises de s’y mettre en avant, notamment par l’exposition ou les trophées.
Pour la Côte d’Azur, l’occasion est nette. Le territoire a les seniors, les besoins, les établissements, les services, et un écosystème d’innovation capable de tester vite. Reste à transformer l’avantage démographique en produits utiles. Les start-up qui parlent vraiment aux usages du quotidien auront une fenêtre. Celles qui vendent du “bien-vieillir” comme un mot magique risquent de découvrir très vite que les seniors, les aidants et les professionnels n’achètent pas des promesses. Ils achètent des solutions qui tiennent debout.