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Voie Mathis, Malraux, Liautaud: à Nice, cinq semaines de nuits coupées sur les axes qui tiennent la ville

À Nice, une série de fermetures nocturnes sur Mathis, Liautaud, Malraux et Grinda va compliquer les trajets jusqu’à la fin mai.

Illustration - tunnels niçois et trafic nocturne

Voie Mathis, Malraux, Liautaud: à Nice, cinq semaines de nuits coupées sur les axes qui tiennent la ville

À Nice, les fermetures annoncées jusqu’au 29 mai ne relèvent pas de l’incident isolé. Elles installent pendant plus d’un mois une circulation dégradée sur quelques points décisifs du réseau: voie Mathis, tunnel Liautaud, tunnel Malraux, bretelle Grinda, mini-tunnels et, en fin de séquence, pénétrante du Paillon. La plupart des coupures sont prévues entre 21h et 6h. Les nettoyages reviennent aussi à horaires fixes, entre 2h30 et 6h pour Liautaud et entre 5h et 6h30 pour le mini-tunnel Saint-Étienne. Le moment le plus tendu se dessine du 18 au 22 mai, avec plusieurs fermetures qui s’enchaînent sur Mathis, Malraux, Grinda, Liautaud et Magnan.

Ce calendrier dit une chose simple: Nice dépend de très peu d’ouvrages structurants. La sortie ouest de la voie Mathis, prolongée vers Saint-Augustin et la route de Grenoble, représente à elle seule un aménagement d’environ 1,6 kilomètre, avec plusieurs sections en souterrain. Quand Grinda est perturbée ou qu’une chaussée de Mathis ferme, le trafic ne s’évapore pas. Il retombe sur un réseau de surface déjà serré, surtout pour les trajets est-ouest, les retours tardifs, les courses vers la gare ou l’aéroport et les déplacements des taxis, livreurs, artisans ou soignants de nuit. Le tunnel André Liautaud était lui-même présenté par la Métropole comme un axe à environ 18 000 véhicules par jour. Sur ce type de corridor, une fermeture nocturne reste nocturne sur le papier, mais ses effets débordent vite.

Cette série de coupures raconte aussi la réalité d’une ville de tunnels. Les motifs affichés par la Ville sont précis: maintenance sur ouvrage, maintenance d’exploitation, travaux sur chaussée, nettoyage hebdomadaire, maintenance mensuelle programmée. En France, un tunnel routier de plus de 300 mètres relève d’un régime de sécurité spécifique. Et les règles récentes sur la continuité des radiocommunications visent notamment les tunnels routiers urbains d’au moins 500 mètres, pour que les secours gardent leurs communications dans ces espaces fermés. La gêne est réelle. Mais ces fermetures existent aussi parce qu’un tunnel mal entretenu devient vite un problème autrement plus sérieux qu’un détour de nuit.

Le plus pénible pour les usagers n’est donc pas la grosse coupure unique. C’est la fermeture fractionnée. Une nuit Mathis, une nuit Liautaud, puis Grinda, puis Malraux, puis les mini-tunnels. Chaque séquence prise seule semble gérable. Ensemble, elles dérèglent les habitudes pendant cinq semaines. C’est ce qui use les actifs qui terminent tard, les parents qui récupèrent des enfants en soirée, les chauffeurs, les personnels hospitaliers, tous ceux qui comptent sur quelques axes rapides pour traverser Nice sans passer leur trajet à improviser.

Le bon réflexe, jusqu’à la fin mai, est de raisonner soirée par soirée et non par habitude. Les fermetures sont publiques, mais il faut les lire comme un ensemble. Ce que montre cette séquence, au fond, est assez clair: la mobilité niçoise tient sur peu de marges. Quand ces marges ferment plusieurs fois par semaine, même la nuit, la ville entière le sent.