Article

Feux de forêt: dans les Alpes-Maritimes, le bon réflexe est de regarder deux cartes, pas une

Dans les Alpes-Maritimes, la bonne carte n’est pas seulement celle de la météo: accès aux massifs, travaux autorisés et débroussaillement obéissent à des règles locales.

Illustration du risque incendie

Dans les Alpes-Maritimes, le bon réflexe n’est pas de regarder une seule carte, mais deux. La première est la Météo des forêts de Météo-France, publiée à 17 heures, qui donne un niveau de danger par département pour le lendemain et le surlendemain. La seconde est la carte locale du risque incendie, mise à jour vers 18 heures, qui dit massif par massif ce qui sera réellement possible le lendemain. C’est elle qui compte pour la vie concrète: vert, accès et travaux autorisés; jaune, accès déconseillé et travaux permis seulement de 5 heures à 13 heures; orange, accès déconseillé et travaux interdits; rouge, accès et travaux interdits. De mi-juin à mi-septembre, certains massifs peuvent en plus être fermés selon les conditions du moment.

Ce système ne vise pas seulement les randonneurs. En France, l’immense majorité des départs de feu sont d’origine humaine. Le risque commence donc bien avant la première fumée, dans des gestes très ordinaires: un barbecue, un mégot, une meuleuse, un brûlage, un chantier mal calé. Quand le danger monte, les préfets peuvent restreindre ou interdire l’accès aux zones exposées, limiter les travaux qui produisent des étincelles et bannir certains usages du feu. Dans un département dense, boisé et très fréquenté comme les Alpes-Maritimes, cela touche autant l’artisan, le paysagiste ou l’agriculteur que la famille qui part marcher ou le propriétaire qui veut finir un petit travail dehors.

Le sujet déborde d’ailleurs largement la forêt. Le débroussaillement obligatoire concerne les constructions situées dans les territoires exposés au feu, à l’intérieur ou à moins de 200 mètres des bois, landes, maquis ou garrigues, avec en général 50 mètres à traiter autour de l’habitation. Cette contrainte ne relève plus seulement du bon sens ou du rappel saisonnier. Elle entre dans la vie immobilière, puisqu’elle doit désormais être signalée aux acquéreurs et aux locataires concernés. Le feu de forêt pèse donc aussi sur la maison, le terrain, la vente, la location et les relations de voisinage.

Le fond du problème est là. Le risque ne se limite plus à quelques semaines de plein été. Partout en France, il s’étend, remonte vers des zones autrefois moins concernées et s’installe plus longtemps dans l’année. Dans le Sud, la saison des feux a déjà commencé à s’allonger. Dans les Alpes-Maritimes, cela change la règle du jeu. Le risque incendie n’attend plus le grand feu visible depuis l’autoroute. Il commence la veille, sur une carte, puis dans des choix très banals: sortir en forêt, lancer un chantier, repousser un débroussaillement, allumer de quoi cuire dehors.