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À Biot et Villeneuve-Loubet, ce que change vraiment la protection du Terme Blanc

Le nouveau périmètre protégé du Terme Blanc durcit les usages entre Biot et Villeneuve-Loubet sur un massif rare et déjà sous pression.

Illustration - massif méditerranéen protégé

Entre Biot et Villeneuve-Loubet, l’Aspre de Redon et le Terme Blanc ne gagnent pas un label de plus. L’arrêté préfectoral pris en 2025 crée une zone protégée de 767 hectares, abroge l’ancien périmètre de 2002 et élargit nettement la protection d’un massif où 27 espèces végétales protégées avaient été recensées entre 2003 et 2023.

Le changement se voit tout de suite dans les usages. Les véhicules motorisés sont interdits hors des voies ouvertes à la circulation publique. Le VTT ne peut plus sortir de ces voies non plus. Camping, bivouac et feu sont interdits sur toute la zone. Les dépôts de matériaux y sont eux aussi proscrits sauf autorisation préfectorale. On n’est plus dans un espace où l’on ajoute un usage parce qu’il reste un bout de terrain libre.

La chasse, la forêt et l’agriculture ne disparaissent pas, mais elles passent sous contrôle plus serré. Les nouveaux équipements forestiers peuvent nécessiter une autorisation. Les projets ayant un impact possible sur la biodiversité passent devant un comité de suivi où siègent l’État, les maires, la communauté d’agglomération Sophia Antipolis, la chambre d’agriculture et plusieurs organismes de protection de la nature. Le message est simple: ici, même la gestion ordinaire doit désormais prouver qu’elle n’abîme pas le site.

Pourquoi durcir la règle ici ? Parce que le massif est rare, fragile et déjà sous pression. Les documents Natura 2000 du Dôme de Biot recensent 21 habitats naturels sur le site, dont 8 habitats d’intérêt européen. Ils rappellent aussi que, depuis 2002, le comité de suivi observait des nuisances répétées portant atteinte à l’équilibre écologique, au point qu’un élargissement du périmètre vers Villeneuve-Loubet était proposé dès 2008. Ce n’est donc pas un caprice réglementaire. C’est la réponse tardive à un site trop petitement protégé pour les pressions qu’il subissait.

Le foncier explique une bonne part du problème. Le document de gestion du site indique que 97 % de l’ancienne zone relevaient du domaine des Aspres. Autrement dit, on parle d’un espace très largement privé, pris entre richesse écologique, proximité du littoral et usages de loisirs. Dans ce genre de configuration, la protection douce a vite ses limites. À un moment, il faut dire ce qui reste possible et ce qui ne l’est plus.

Ce dossier raconte aussi quelque chose de plus large. En France, plus d’un tiers du territoire relève désormais d’au moins une aire protégée, mais la protection forte reste bien plus rare. Le sujet n’est donc plus seulement d’ajouter des hectares sur une carte. Le sujet est d’accepter des règles qui filtrent vraiment les usages. C’est ce que montre le Terme Blanc, comme d’autres sites sous pression autour du littoral méditerranéen.

La nouveauté est là. On pourra encore passer, chasser, exploiter, entretenir. On pourra beaucoup moins improviser. Pour les propriétaires, les promeneurs, les vététistes et les gestionnaires, le site change de régime.