Le 21 avril, le forum de l’emploi public s’installe sur le parvis du campus Carlone à Nice, de 9h30 à 16h. Pris isolément, c’est un rendez-vous utile. Replacé dans le calendrier du département, c’est plus parlant : au printemps, l’État, l’aéroport et les employeurs de la saison recrutent au même moment dans le même vivier de candidats.
Ce vivier est déjà sous pression. France Travail recense 46 470 projets de recrutement en 2025 dans les Alpes-Maritimes. Plus d’un sur deux est jugé difficile. Un tiers est saisonnier. Et les métiers qui tirent le plus fort restent ceux de la Côte d’Azur en haute saison : service en salle, cuisine, restauration. Le bassin de Nice compte à lui seul 23 120 projets. Celui de Cannes, 12 890. Quand le public ou l’aéroport recrutent en avril, ils n’arrivent donc pas sur un marché disponible. Ils entrent dans une concurrence déjà vive.
Le forum de Carlone sera utile s’il rend cela concret. La fonction publique ne cherche pas seulement des profils administratifs. Dans les offres visibles ces derniers jours dans le 06, on trouve par exemple des agents polyvalents dans les écoles à Nice, des postes d’entretien nature et de jardinier à Cannes, un agent logistique à l’Université Côte d’Azur, un poste d’accueil pour la police à Cannes ou encore une fonction de coordination en santé au Département. Le public n’essaie plus seulement d’attirer. Il doit redevenir lisible. Son argument, ce n’est pas la saison, mais la stabilité, la variété des métiers et une perspective plus durable que l’aller-retour de l’été.
En face, l’aéroport avance une autre promesse : un environnement technique, international, souvent en horaires décalés, parfois plus qualifié. Son site carrière affiche en ce moment des besoins en maintenance, en balisage électrique, en assistance informatique, en qualité pour les passagers à mobilité réduite, en audit ou en commerce numérique. Ce n’est pas un employeur secondaire dans le paysage local. L’aéroport de Nice annonce pour l’été 2026 un programme de 130 destinations dans 47 pays. Le groupe des aéroports de Nice et Cannes estime avoir généré 2,8 milliards d’euros de richesse en 2024 et soutenu 40 800 emplois, dont 12 300 dans l’hôtellerie. Derrière les pistes, il y a donc bien plus qu’un site de transport : il y a une grosse fabrique d’emplois directs et indirects.
La question n’est donc pas seulement de savoir qui recrute. Elle est de savoir ce que chacun propose en échange. Les emplois d’été promettent une entrée rapide et du revenu immédiat. L’aéroport propose un univers plus technique, plus exigeant aussi. Le public mise sur la durée. Dans les Alpes-Maritimes, le recrutement de printemps se joue là : sur la promesse concrète faite aux candidats, bien plus que sur le nombre d’affiches.