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À Nice, la fonction publique sort de ses bureaux pour recruter

Le forum de l’emploi public du 21 avril à Nice montre comment l’État et les collectivités doivent expliquer leurs métiers et leurs voies d’accès dans un marché local très disputé.

Illustration - la fonction publique recrute

Le 21 avril, sur le parvis du campus Carlone à Nice, les recruteurs publics n’attendront pas derrière un guichet. De 9 h 30 à 16 h, ils viendront présenter leurs métiers, répondre aux candidats, parler concours, contrats, apprentissage et reconversion. Le détail compte: dans les Alpes-Maritimes, la fonction publique ne peut plus seulement espérer que les candidatures arrivent toutes seules.

Le département n’est pas un terrain facile pour recruter. À la fin du quatrième trimestre 2025, France Travail comptait 60 480 demandeurs d’emploi de catégorie A dans les Alpes-Maritimes, mais aussi 166 730 offres diffusées sur douze mois. Le paradoxe est familier: il y a des personnes qui cherchent un emploi, des employeurs qui cherchent des candidats, et entre les deux des métiers, des horaires, des salaires, des procédures ou des représentations qui ne s’emboîtent pas toujours.

Sur la Côte d’Azur, la concurrence est particulièrement visible. L’Insee estimait déjà à 39 800 le nombre d’emplois touristiques dans le département, dont 21 000 dans la zone Cannes-Antibes et 16 800 dans celle de Nice. Hôtellerie, restauration, événementiel, commerce, saisonnier: ces secteurs captent une partie importante de la main-d’œuvre disponible, avec des recrutements souvent plus directs et plus immédiatement lisibles que ceux de l’administration.

Le forum de Carlone sert donc aussi à corriger une image trop étroite de l’emploi public. Dans les Alpes-Maritimes, les offres visibles sur le portail Choisir le service public ne renvoient pas seulement à des postes de bureau. On y trouve aussi des métiers liés à la culture, comme au musée d’archéologie de Nice Cimiez, à la gestion du domaine public au Département, au support informatique à la préfecture ou encore à l’enseignement à Menton. Derrière le mot « administration », il y a des salles de classe, des équipements culturels, des routes, des systèmes numériques et des services de proximité.

Le besoin ne s’arrête pas aux Alpes-Maritimes. En 2024, 45 300 postes ont été ouverts au recrutement externe de fonctionnaires de l’État au niveau national, et 11 % n’ont pas été pourvus. Le renouvellement des équipes pèse aussi dans l’équation: en 2023, 37 % des agents publics avaient 50 ans ou plus. Il faut donc attirer de nouveaux profils pendant qu’une partie des équipes approche de la fin de carrière.

C’est aussi pour cela que l’entrée dans la fonction publique ne peut plus être présentée comme un seul couloir, avec un concours au bout et beaucoup de patience entre les deux. Le concours reste une voie importante, mais ce n’est pas la seule. Les recrutements peuvent aussi passer par le contrat, l’apprentissage, le PACTE, certains recrutements sans concours ou des dispositifs dédiés aux travailleurs handicapés. Pour des étudiants, des saisonniers, des personnes en reconversion ou des candidats qui ne se projettent pas spontanément dans l’administration, cette précision change beaucoup de choses.

Le forum national Choisir le service public, prévu à Paris le 9 avril, porte le même message à une autre échelle. Mais à Nice, l’enjeu sera plus concret: montrer quels postes existent vraiment dans les Alpes-Maritimes, qui recrute, et par quelle porte entrer sans se perdre dans le vocabulaire administratif.

Un bon forum de l’emploi public ne promettra pas une vocation à tout le monde. Il aidera déjà un candidat à repartir avec une idée simple: le bon interlocuteur, le bon métier, et la bonne porte. Ce serait déjà beaucoup pour une administration que beaucoup de candidats ne savent pas toujours lire.