
À Achères, une ancienne carrière pourrait produire de l’électricité. La Ville et la société d’économie mixte SIPEnR préparent une centrale photovoltaïque de 10 mégawatts-crête (MWc), estimée à 9 millions d’euros. Mais la commune ne veut pas seulement louer son terrain : elle entend devenir actionnaire de l’entreprise qui exploitera les panneaux solaires.
Baptisée « La Grande Arche Solaire », l’installation devrait produire 11 gigawattheures d’électricité par an, selon SIPEnR, qui vise une mise en service en 2028. Le projet est encore en développement et doit notamment franchir l’étape du permis de construire.
Une carrière difficile à reconvertir
Dans la plaine d’Achères, l’ancienne carrière de la Grande Arche a servi à extraire du sable et du gravier. Ses terrains sont inconstructibles selon le plan local d’urbanisme intercommunal et en partie situés en zone inondable.
La municipalité a identifié une emprise principale de 12 hectares et une parcelle complémentaire de 4,4 hectares, dont l’utilisation reste optionnelle. Autre avantage du site : sa proximité avec un poste de distribution électrique, indispensable pour injecter la production dans le réseau.
La reconversion permettrait donc de produire de l’énergie sur un terrain déjà transformé par l’activité humaine. Lors de la concertation de 2023, d’autres usages avaient toutefois été défendus, notamment la revégétalisation des anciennes carrières.
300 euros pour 30 % du capital : que finance réellement la Ville ?
En février 2025, Achères a choisi de travailler avec SIPEnR, une société d’économie mixte contrôlée majoritairement par des acteurs publics. La commune a préféré ce partenariat à une mise en concurrence d’opérateurs privés principalement fondée sur les conditions financières. Elle souhaite conserver une influence sur l’insertion paysagère et les choix écologiques.
Le 1er juillet 2026, le conseil municipal a autorisé la Ville à prendre 30 % du capital initial de la future société « La Grande Arche Solaire », pour 300 euros, et à signer une promesse de bail de longue durée.
Les 300 euros servent uniquement à constituer la société. Ils ne financent pas la construction des panneaux. Un apport municipal supplémentaire d’environ 240 000 euros était envisagé en 2025 et devra, s’il se concrétise, faire l’objet d’une nouvelle décision.
En échange de l’occupation de son terrain, Achères pourrait également percevoir un loyer. Lors des débats de 2025, la municipalité évoquait une recette annuelle comprise entre 10 000 et 20 000 euros, encore prévisionnelle.
Le montage permet ainsi à la commune de rester propriétaire du terrain, d’espérer des recettes et de prendre part aux décisions de l’entreprise, sans en avoir le contrôle à elle seule. Son engagement financier définitif, lui, reste à établir.
Comment les habitants pourraient-ils investir ?
La délibération de juillet prévoit aussi la possibilité d’ouvrir le capital à une structure d’investissement citoyen. Les Achérois pourraient alors placer une partie de leur épargne dans le projet, par l’intermédiaire de cette structure, et bénéficier de ses éventuels résultats financiers.
Cette participation reste à organiser. Le montant nécessaire pour investir, la durée du placement, les droits des investisseurs et les risques associés ne sont pas encore précisés publiquement. Aucun rendement ne peut être tenu pour garanti.
La réunion publique du mercredi 14 octobre, à 20 h dans la salle des Mariages de l’hôtel de ville, permettra aux habitants de découvrir le projet et de demander quelles conditions de participation pourraient leur être proposées.
Sources consultées
- Ville d'AchèresConseil municipal du 1er juillet 2026, délibération n° 064, participation au capital de la SAS La Grande Arche Solaire et promesse de bail
- Ville d'AchèresProcès-verbal du conseil municipal du 5 février 2025, pages 9 à 11
- SIPEnRAchères, fiche du projet photovoltaïque
- Ville d'AchèresBilan de la concertation sur les zones d'accélération des énergies renouvelables, novembre 2023
- Ville d'AchèresRéunion publique du mercredi 14 octobre 2026