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Poissy : 59 voix manquantes, des soutiens trompeurs et un scrutin annulé

Le tribunal annule les municipales de Poissy après des soutiens politiques trompeurs. Une liste a manqué le second tour de 59 voix. La maire annonce un appel.

Illustration - Urne et affiches électorales à Poissy

À Poissy, le tribunal administratif de Versailles a annulé, jeudi 8 octobre, les deux tours des élections municipales de mars 2026. Pas en raison de manœuvres imputées à la maire élue, Sandrine Berno Dos Santos, mais de soutiens politiques trompeurs revendiqués par une liste arrivée sixième. L’affaire tient à 59 voix, celles qui ont manqué à une autre liste pour accéder au second tour.

Le 15 mars, Karl Olive était arrivé en tête avec 42,61 % des suffrages, devant la maire sortante Sandrine Berno Dos Santos (32,42 %). En troisième position, Mathieu Paranthoën, candidat de la liste « Mieux vivre Poissy, la gauche et l’écologie avec vous », avait obtenu 1 271 voix, soit 9,56 %.

Pour se maintenir au second tour, une liste doit atteindre 10 % des suffrages exprimés. Il manquait donc 59 voix à Mathieu Paranthoën. Sa liste pouvait encore négocier une fusion avec une candidature qualifiée, puisqu’elle avait dépassé les 5 %, mais elle ne pouvait plus se présenter seule.

Des affiches qui brouillaient les soutiens politiques

Le recours de Mathieu Paranthoën visait notamment la campagne de Maxime Legrand, candidat divers gauche à la tête de « Poissy Debout ! ». Sa liste avait recueilli 464 voix, soit 3,49 % des suffrages.

Selon le tribunal, Maxime Legrand avait revendiqué à plusieurs reprises le soutien de personnalités politiques de premier plan, en faisant figurer leurs photographies et des messages favorables sur ses documents électoraux. Or ces soutiens avaient été démentis par les personnalités concernées et leurs mouvements.

La confusion concernait aussi les formations de gauche. « Poissy Debout ! » affichait le soutien de deux associations nommées « Les Écolos ! » et « Yvelines socialistes », alors que les soutiens officiels du Parti socialiste et des Écologistes étaient accordés à la liste de Mathieu Paranthoën.

Pour les juges, ces présentations étaient susceptibles d’induire les électeurs en erreur. Les deux listes pouvant attirer une partie du même électorat, les manœuvres ont pu empêcher Mathieu Paranthoën de franchir le seuil décisif.

Une victoire à 52,96 % peut-elle être annulée ?

Le second tour du 22 mars avait finalement opposé deux candidats de droite. Sandrine Berno Dos Santos avait renversé le rapport de force du premier tour en remportant 52,96 % des suffrages face à Karl Olive (47,04 %), obtenant 33 des 43 sièges du conseil municipal.

Avec une troisième liste en compétition, les électeurs auraient disposé d’un autre choix, susceptible de modifier l’issue du scrutin.

Le tribunal n’a pas établi quelle part des 464 voix obtenues par Maxime Legrand aurait pu aller à Mathieu Paranthoën sans ces soutiens trompeurs. Il a considéré que les manœuvres avaient pu empêcher ce dernier de franchir le seuil de 10 %, compte tenu des 59 voix manquantes.

L’annulation concerne donc les deux tours, même si les irrégularités retenues sont imputées à un candidat absent du duel final. Il suffit qu’elles aient pu fausser la composition du second tour, sans prouver qu’un autre candidat aurait remporté la mairie.

Le tribunal a également déclaré Maxime Legrand inéligible pendant un an.

Un appel annoncé, la mairie reste en place

Sandrine Berno Dos Santos a annoncé son intention de contester cette décision devant le Conseil d’État. Elle souligne qu’aucun grief n’a été retenu contre son équipe et défend le choix exprimé par les électeurs en mars.

Pour les Pisciacais, l’annulation ne signifie pas un nouveau passage immédiat aux urnes. Le code électoral prévoit que les conseillers proclamés élus restent en fonction tant que le contentieux n’est pas définitivement tranché.

Si le Conseil d’État confirme l’annulation, les électeurs devront être convoqués dans un délai maximal de trois mois. Une délégation spéciale nommée par le préfet prendra temporairement en charge les actes urgents et conservatoires de la commune.

Si le jugement est infirmé, les résultats de mars seront maintenus.

À Poissy, Sandrine Berno Dos Santos et son conseil municipal restent donc en fonction. C’est désormais au Conseil d’État de décider si les Pisciacais devront retourner aux urnes.

Sources consultées
  1. Tribunal administratif de VersaillesLe tribunal administratif annule les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 à Poissy
  2. Ministère de l'IntérieurRésultats des élections municipales 2026 à Poissy
  3. LégifranceCode électoral, article L264
  4. LégifranceCode électoral, article L250
  5. LégifranceCode électoral, article L251
  6. Info YvelinesMunicipales annulées à Poissy : la maire fait appel, Karl Olive règle ses comptes