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À Versailles, la création passe d’une nuit à treize jours

Versailles remplace sa Nuit de la création par treize jours d’expositions, ateliers et transmission artistique, du 29 septembre au 11 octobre.

Illustration des Rendez-vous de la création

En 2025, pour sa quatorzième édition, Versailles avait fait tenir sa Nuit de la création en quatre heures. Le public passait d’un concert à une installation, d’une école à un musée, dans une dizaine de lieux de la ville. Mardi 29 septembre, ce rituel disparaît au profit des Rendez-vous de la création, qui dureront jusqu’au 11 octobre.

Une soirée devient treize jours. Le changement ne se résume pas à laisser davantage de temps au public. Il modifie ce que l’événement donne à voir.

La Nuit 2025 reposait sur un parcours nocturne et revendiquait comme première vocation la promotion des jeunes artistes et créateurs du territoire, notamment les étudiants des établissements d’enseignement artistique. Le nouveau rendez-vous s’organise, lui, autour d’un artiste ou d’un collectif invité. Pour cette première édition, Versailles a choisi Leonardo Cremonini et surtout ce qu’un peintre laisse derrière lui : des œuvres, des élèves et une manière de transmettre.

Le choix prolonge une exposition déjà installée dans la ville. Pour le centenaire de la naissance de Cremonini, mort en 2010, l’Espace Richaud et le musée Lambinet ont réuni près de 130 de ses œuvres, soit la plus importante rétrospective française consacrée au peintre depuis quarante ans. Au Carré à la Farine, cinq artistes passés par son atelier aux Beaux-Arts de Paris exposent désormais à leur tour : Susanne Hay, Olivier de Mazières, Didier Paquignon, Édouard Sacaillan et Anna Maria Tsakali.

Cette filiation sort aussi des salles d’exposition. Didier Paquignon intervient aux Beaux-Arts de Versailles dès le 29 septembre. Anna Maria Tsakali et Édouard Sacaillan y animeront ensuite des workshops avec les élèves. À Richaud, les saxophonistes du Conservatoire improviseront en soundpainting au milieu de l’exposition.

Le passage à treize jours permet ainsi de montrer non seulement des œuvres terminées, mais aussi le travail autour d’elles : apprendre, composer, transmettre, essayer. C’est une différence notable avec la Nuit, dont l’énergie venait précisément de l’inverse, cette concentration de propositions et de lieux dans quelques heures de déambulation.

L’ancien esprit ne disparaît pourtant pas complètement. La création contemporaine continue de circuler dans la ville, jusque hors des institutions. Les 3 et 4 octobre, 53 peintres, sculpteurs, graveurs et photographes versaillais ouvriront leurs ateliers au public. Deux œuvres de chacun seront également réunies à l’Hôtel de ville.

C’est peut-être là que le changement de format se verra le mieux. En 2025, il fallait suivre un parcours avant 23 heures. Cette année, on pourra pousser la porte d’un atelier, regarder où un artiste travaille, puis revenir quelques jours plus tard écouter ce que d’autres transmettent aux élèves. Versailles ne change pas seulement de calendrier : elle donne davantage de temps à voir la création se fabriquer et se transmettre.

Sources consultées
  1. Ville de VersaillesLes Rendez-vous de la création
  2. Ville de VersaillesNuit de la création
  3. École nationale supérieure d’architecture de VersaillesNuit de la création 2025 à Versailles - Appel à projet
  4. Ville de VersaillesLeonardo Cremonini. Le Regard en miroir
  5. Ville de VersaillesParcours dans les ateliers d’artistes de Versailles