
À Villiers-le-Mahieu, la grève du mardi 29 septembre produit deux journées scolaires presque opposées. Pour les enfants de maternelle, le transport scolaire, la restauration, le service minimum d’accueil et les accueils périscolaires du matin et du soir ne seront pas assurés. Pour les élèves de l’école élémentaire du village, l’école et les services périscolaires sont, eux, maintenus aux horaires habituels.
Cette différence tient à l’organisation du territoire. Les enfants de Villiers-le-Mahieu scolarisés en maternelle le sont à Thoiry, dans une école gérée par le SIVU EMIT, un syndicat intercommunal. Celui-ci a annoncé qu’il ne pourrait assurer ni transport, ni restauration, ni service minimum d’accueil. Villiers-le-Mahieu précise de son côté ne disposer ni des personnels ni des locaux nécessaires pour créer un accueil de remplacement. Et puisque le car scolaire ne circulera pas, l’accueil périscolaire du matin et du soir disparaît lui aussi pour ces enfants.
Une journée d’école n’est donc pas un service unique. La classe relève de l’Éducation nationale. L’accueil des élèves pendant le temps scolaire obéit à un autre mécanisme : dans les écoles maternelles et élémentaires publiques, les enseignants qui comptent faire grève doivent le déclarer au moins 48 heures à l’avance. À partir de 25 % d’intentions de grève dans une école, l’organisation du service d’accueil revient à la commune ; sous ce seuil, elle reste assurée par l’État.
Mais cette règle ne fait pas fonctionner automatiquement ce qui entoure la classe. Cantine, garderie, étude ou transport mobilisent d’autres agents et parfois d’autres collectivités. C’est ce deuxième étage qui explique une bonne partie des différences observées mardi dans les Yvelines.
À Gargenville, un nombre important d’agents municipaux s’est déclaré gréviste. La commune ferme donc dans toutes ses écoles l’accueil du matin, la restauration du midi et l’accueil du soir, faute d’effectifs qu’elle juge suffisants pour assurer l’encadrement. Aux Clayes-sous-Bois, la perturbation est beaucoup plus localisée : elle concerne les équipes d’animation de trois écoles, Henri-Prou maternelle et élémentaire et Marcel-Pagnol élémentaire, où cantine et accueils périscolaires seront notamment supprimés.
Mantes-la-Jolie adopte encore une autre configuration : la Ville annonce un service minimum d’accueil, prioritairement destiné aux enfants dont les deux parents travaillent. Les inscriptions restent possibles jusqu’à 16 heures ce lundi 28 septembre auprès du service Enfance & Loisirs, au 01 34 78 81 46. Le même mouvement national produit ainsi des effets différents selon le nombre d’enseignants grévistes, les agents municipaux disponibles et la façon dont chaque territoire a réparti ses écoles et ses services.
C’est ce que le cas de Villiers-le-Mahieu montre avec une netteté particulière. Mardi, l’élémentaire doit conserver son fonctionnement habituel. Pour la maternelle, quelques kilomètres plus loin à Thoiry, quatre services disparaissent en même temps : transport, repas, service minimum et périscolaire. La grève ne ferme pas simplement des écoles. Elle rend visible, pendant une journée, toute l’architecture nécessaire pour qu’une journée scolaire ordinaire paraisse simple.
Sources consultées
- Commune de Villiers-le-MahieuInformation familles – 29 septembre
- LégifranceCode de l’éducation, article L133-4
- Ministère de l’Éducation nationaleL’accueil des élèves en cas d’absence ou de grève
- Ville de GargenvilleMouvement de grève nationale du mardi 29 septembre 2026
- Ville des Clayes-sous-BoisMouvement de grève nationale mardi 29 septembre
- Ville de Mantes-la-JolieService minimum d’accueil – Grève du mardi 29 septembre 2026