
La chapelle du XIIe siècle du prieuré des Moulineaux a retrouvé une charpente et une couverture en 2023. Autour d’elle, pourtant, des murs s’effondrent encore, des pierres chutent et des voûtes se disloquent. C’est ce site de Poigny-la-Forêt que la Mission Patrimoine vient de retenir pour représenter les Yvelines au Loto du patrimoine 2026.
La nouvelle campagne doit sécuriser la nef, le pavillon des étuves et les vestiges des communs, dégager la végétation des maçonneries et intervenir sur les arbres susceptibles de tomber sur les ruines. Le montant apporté par le Loto 2026 n’est pas encore publié. Mais sa sélection arrive après une mobilisation locale qui dure depuis dix-huit ans.
En 2008, Thierry Convert, alors premier adjoint au maire, alerte sur la dégradation du domaine. Nicolas Derely et Olivier Chagot fondent en 2012 l’association Sauvons les Moulineaux. La chapelle est inscrite aux monuments historiques en 2014, puis la commune achète les deux hectares du site en 2016. Des donateurs financent ensuite des grilles de protection, tandis que subventions publiques, mécénat et bénévolat permettent d’engager une première restauration. En 2024, la protection patrimoniale est étendue notamment à l’ancienne nef, aux murailles, aux douves, aux tours et au pavillon de l’étuve.
Le prieuré concentre plusieurs vies successives. Au milieu de la forêt de Rambouillet subsiste le chœur d’une église construite entre 1155 et 1176 pour l’ordre de Grandmont. À la fin du XVIe siècle, les d’Angennes transforment le domaine religieux en demeure seigneuriale : la nef devient notamment salle d’armes et l’ensemble se couvre de fortifications et de douves. Au XIXe siècle, nouvelle métamorphose, avec l’installation d’une manufacture d’étain.
Le lieu n’est pourtant pas resté figé en attendant sa restauration. Depuis 2019, des étudiants et archéologues y mènent des campagnes de fouilles. L’association et la commune l’ouvrent ponctuellement pour les Journées du patrimoine, des expositions ou des concerts.
La commune prévoit une ouverture au public en 2028, avec des activités culturelles, associatives et pédagogiques. Il faudra auparavant stabiliser ce que dix-huit années de mobilisation n’ont pas encore permis de traiter. Le Loto du patrimoine rejoint donc un sauvetage déjà engagé, dans cette clairière où la nef reste encore ouverte aux intempéries.