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À Longvilliers, les terres des chantiers franciliens pourraient changer le relief

Deux projets de stockage de déchets inertes pourraient rehausser des terrains à Longvilliers, pour créer un écran phonique près de l’A10 et deux terrains de polo.

Illustration - Terres remodelant un paysage rural

À Longvilliers, deux projets distincts de stockage de déchets inertes arrivent presque ensemble devant le public. Eiffage GC Infra Linéaires sollicite une installation à La Garenne, en consultation depuis le 19 août jusqu’au 16 septembre. Enviro-Conseil et Travaux (ECT) en demande une seconde à La Butte aux Lièvres, avec une consultation du 26 août au 23 septembre.

Les deux procédures sont séparées, mais leur arrivée simultanée n’est pas un hasard. En mars, la mairie expliquait avoir engagé une modification du plan local d’urbanisme pour créer deux secteurs « Ai », où seraient autorisés les exhaussements de terrain et les installations de stockage de déchets inertes. Elle présentait Eiffage et ECT comme les porteurs des deux projets.

Le conseil municipal avait précisé leur logique en octobre 2025. Pour Eiffage, il s’agissait de relever la parcelle triangulaire entre l’A10 et le bourg avec des terres provenant du Grand Paris afin de créer un écran contre le bruit de l’autoroute. Le projet soutenu par ECT était, lui, associé au nivellement de terrains de la ferme de Morsang pour ajouter deux terrains de polo au domaine de la Magdeleine. La demande préfectorale déposée depuis par ECT est localisée à La Butte aux Lièvres.

En 2022, 27,3 millions de tonnes de déchets inertes ont été prises en charge dans la région ou après exportation. Près des trois quarts étaient des terres excavées, soit 19,9 millions de tonnes. L’ORDIF observe que les tonnages ont augmenté avec les grands travaux. La mairie de Longvilliers indique de son côté que les terres destinées à ces aménagements proviennent de chantiers régionaux d’aménagement ou de logement.

Les chantiers franciliens doivent évacuer des masses considérables de terres. Une commune comme Longvilliers peut accepter qu’elles deviennent une nouvelle topographie, avec une utilité locale avancée en contrepartie. Ici, les bénéfices annoncés ne sont pas les mêmes : protection acoustique près de l’A10 pour l’un, création de terrains sportifs pour l’autre. Les effets doivent eux aussi être examinés séparément. Le dossier ECT comprend notamment des études hydraulique, écologique, de zones humides et acoustique ; la préfecture publie également les quatre parties techniques du dossier Eiffage.

Les éléments disponibles ne permettent pas encore de comparer de manière fiable les volumes, surfaces et trafics des deux demandes actuelles.

Les habitants peuvent déjà consulter le dossier Eiffage et les modalités de participation. La consultation du projet ECT à La Butte aux Lièvres s’ouvre mercredi 26 août. À Longvilliers, les millions de tonnes de terres produites ailleurs en Île-de-France prennent ainsi une forme très locale : le niveau futur de deux morceaux de la commune.

Sources consultées
  1. Préfecture des YvelinesStockage de déchets inertes à Longvilliers - demande de la société EIFFAGE GC INFRA LINEAIRES
  2. Préfecture des YvelinesProjet de stockage de déchets inertes à Longvilliers - demande de la société ENVIRO-CONSEIL ET TRAVAUX
  3. Mairie de LongvilliersProcès-verbal du conseil municipal du 2 octobre 2025
  4. Mairie de LongvilliersLongvilliers modifie son Plan Local d’Urbanisme
  5. ORDIFLes déchets inertes en Île-de-France - Données 2022